Les rues parallèles
Gérald Tenenbaum (X72)
Rédacteur : Pierre Séguin (X73)Editeur : Éditions Cohen & Cohen, septembre 2025Gérald Tenenbaum est un auteur fécond, depuis un quart de siècle, et dans des genres variés. Nous nous sommes régulièrement faits l’écho de sa production. La dernière fois c’était, par le même soussigné, pour son roman Par la racine, dans notre numéro 782 de février 2023. J’ai une certaine admiration pour les artistes qui maintiennent une régularité dans leur production, à l’instar, au cinéma, d’un Claude Chabrol ou d’un Woody Allen. Cette fois-ci, il s’agit d’un recueil de nouvelles au style musical et incisif : 136 pages pour quatorze nouvelles, soit une dizaine de pages en moyenne, dans un élégant format allongé. Ça se lit comme on respire la brume légère d’un matin de jeune automne.
L’auteur est de ceux qui ne posent ni ne pèsent. Il affectionne les énigmes en suspens, celles qui font rêver et non raisonner ; il y a toujours chez lui une part de magie et de mystère, marqués par la culture juive – des motifs déjà présents dans son précédent opus. J’ai notamment beaucoup apprécié la nouvelle « Bureau de nuit », qui fait penser à un tableau d’Edward Hopper, ouvrant sur les mêmes horizons incertains et fascinants. Comme quoi les scientifiques les plus abstraits, dont est l’auteur, peuvent tremper leur plume dans une inspiration à l’opposé de ce qu’on imaginerait leur mode naturel de pensée. Sans doute le lecteur polytechnicien ressentira-t-il à cette lecture une aspiration analogue.



