Les batteries lithium-ion

Les batteries lithium-ion : moteur de la transition énergétique ou talon d’Achille technologique ? 

Dossier : Batteries Lithium-Ion | Magazine N°813 Mars 2026
Par Woldemar d’AMBRIERES (X07)

La communauté polytechnicienne est aujourd’hui pleinement engagée dans la transition énergétique. Forte de sa culture scientifique, de son esprit d’innovation et de son ancrage industriel, elle investit de plus en plus le secteur stratégique des batteries, devenu un pilier de la décarbonation et de notre souveraineté. L’Union européenne s’est fixé un objectif de réduction de 90 % des émissions de CO₂ des voitures neuves en 2035, avec comme principale solution technique et économique l’électrification du parc. En même temps, l’utilisation de batteries comme stockage d’énergie se développe très rapidement non seulement sur le réseau électrique, en parallèle avec le déploiement de la production d’électricité renouvelable inter­mittente (solaire, éolien), mais également pour les data centers.

À l’heure actuelle, plus de 80 % des batteries sont produites en Chine et, parmi les dix plus gros acteurs du secteur, on compte six Chinois, trois Coréens et un Japonais. Plus largement, la Chine domine la chaîne de valeur des batteries, de l’extraction et de la production des matériaux critiques jusqu’au recyclage des batteries en fin de vie. Les batteries se trouvent donc au cœur d’enjeux géopolitiques et de souveraineté, la filière faisant l’objet de mécanismes de soutien et de protection plus ou moins volontaristes en Chine, en Europe et aux États-Unis.


“Les développements récents en Europe montrent une dynamique encore contrastée.”

Les développements récents en Europe montrent une dynamique encore contrastée. Quand la demande continue de progresser fortement grâce à la croissance importante des ventes de véhicules électriques sur le continent (+ 30 % en 2025), les gigafactories locales connaissent de réelles difficultés de démarrage (ex. : Northvolt, ACC, Powerco) et les constructeurs ajustent leurs stratégies de plateforme. La filière amont met également logiquement du temps à se structurer et souffre des surcapacités chinoises pour se développer tout en restant compétitive. L’Union européenne et les États membres continuent néanmoins de soutenir la filière et travaillent à la promotion du contenu local en ce moment même, le pack batterie représentant – rappelons-le – entre 30 % et 40 % du coût total d’un véhicule électrique. Quant à eux, les industriels européens multiplient les collaborations avec des acteurs asiatiques, afin de sécuriser les montées en puissance de leurs usines et accélérer les transferts de savoir-faire.

L’Europe et la France réussiront-elles à rattraper leur retard technologique et industriel sur ce secteur hautement stratégique ? 

Donnez votre avis