L’équipe du Forum Social : Témoignages

Dossier : L'équipe du Forum socialMagazine N°643

L’École de Paris, un cercle d’échanges et de réflexions

L’École de Paris, un cercle d’échanges et de réflexions

L’École de Paris du management n’est pas une école traditionnelle : c’est un cercle d’échanges et de réflexions créé en 1993 par Michel Berry, avec le soutien de l’X, de l’École des mines de Paris et d’entreprises réunies dans un comité de parrainage présidé par Bertrand Collomb. Elle invite des chercheurs ou des praticiens à présenter des idées nouvelles ou à témoigner d’expériences riches d’enseignement. Après un exposé d’environ une heure, ils dialoguent avec un auditoire, comprenant des personnes d’origines variées mais familières de la vie des organisations publiques, privées ou associatives. Il s’instaure ainsi un débat caractérisé à la fois par la rigueur et la liberté de pensée. Un compte rendu est ensuite rédigé avec grand soin.

Un site Web bilingue

Ces textes sont diffusés par Le Journal de l'École de Paris (bimestriel), une publication annuelle Les Annales de l'École de Paris (500 pages) et un site Web français-anglais très visité. Ayant organisé près de 800 séances sur des sujets très divers, l'École de Paris est aujourd'hui considérée comme une institution unique par la qualité et l'originalité de sa production orale et écrite. Des séances de l'École de Paris, notamment de son séminaire « Vies collectives », ont régulièrement fourni la matière à des articles du forum social.

www.ecole.org
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Emmaüs ou l’insurrection de la bonté

C’était en 1949 : l’Abbé Pierre (qui est mort en janvier 2007) fonde à Neuilly-Plaisance la première communauté des « Chiffonniers d’Emmaüs». En 1954, au milieu du terrible hiver de cette année-là, il lance un appel à l’aide et « l’insurrection de la bonté ». Depuis cette initiative, les Chiffonniers d’Emmaüs sont devenus un vaste mouvement aux multiples facettes.
À ce jour, le mouvement Emmaüs, piloté par Emmaüs-France, et affilié à Emmaüs-International (qui regroupe quelque 350 associations dans le monde), est une galaxie aux nombreux soleils regroupés en trois branches : la branche Action sociale (la Fondation Abbé Pierre, les HLM Emmaüs, les centres d’hébergement Emmaüs); la branche Économie sociale et insertion (Les comités d’amis, le Relais pour l’insertion, etc.) ; et enfin, la branche Communautés (dont 115 communautés en France sur le modèle de celle de Neuilly-Plaisance).

Servir d’abord le plus souffrant

Les principes fondateurs des origines font encore l’originalité et la force du mouvement : servir d’abord le plus souffrant en lui donnant la possibilité de passer d’un statut d’exclu à un statut de «compagnon» estimable et estimé.
Ainsi, par exemple, les communautés comptent quelque 3 000 compagnons, accueillis sans distinction de quoi que ce soit, qui y vivent et y qui travaillent chacun selon ses capacités (collecte, réparation et vente). Ces communautés sont aussi des lieux d’entraide vers d’autres « plus souffrants ».
Parole de compagnon : L’arrivée dans une communauté permet de poser son sac en toute sécurité. On est accueilli non par référence à un passé. La première parole est : « Je te fais confiance. » Alors, toi, l’ex-chômeur, l’ex-licencié, l’ex-exclu, tu réapprends à être à l’heure, à redécouvrir tes capacités personnelles et tu commences à te sentir utile.
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ATD Quart Monde face à toute détresse

Le Père Joseph

ATD a été créé par le Père Joseph Wresinski en 1957. L’hiver avait fait apparaître qu’en raison du manque de logements de nombreuses familles vivaient dans le froid et l’humidité. L’opinion a pris conscience de l’existence de ces familles souvent nombreuses, logées dans des cités d’urgence construites à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Le Père Joseph a rejoint la cité de Noisy-le-Grand, où 262 familles vivaient dans des « igloos» posés à même le sol, avec des toitures en tôles ondulées.

Confronté à ces conditions qu’il avait connues dans son enfance, le Père Joseph a posé le principe que « jamais ces familles ne sortiraient de la misère aussi longtemps qu’elles ne seraient pas accueillies dans leur ensemble, en tant que peuple, là où débattaient les autres hommes». Après avoir créé un jardin d’enfants, une bibliothèque, un atelier pour les jeunes et les adultes, il a ouvert un débat avec les femmes du camp, auquel sont venus participer des volontaires, dont certains se disaient décidés à s’engager sur le long terme. Il en est résulté la création en 1957 de l’association ATD – Aide à toute détresse – dont le premier président fut notre camarade André Étesse (39).

Le refus de la misère

Le Père Joseph a créé un institut de recherche pour comprendre la misère et la pauvreté et pour étudier son éradication.

Nommé membre du Conseil économique et social, il a présenté en 1987 un rapport «Grande Pauvreté et Précarité économique et sociale », où il souligne la nécessité d’associer les plus pauvres à la définition des mesures qui les concernent.

La même année, l’Assemblée générale de l’ONU a institué le 17 octobre «Journée mondiale du refus de la misère» et une phrase a été gravée sur le parvis du Trocadéro : «Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’Homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré.»

Cette phrase a été reprise par l’Assemblée générale de l’ONU et inscrite dans la pierre par 33 pays dans les cinq continents.

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