Le baromètre de Gay-Lussac et son étui

La SABIX : Plus de 30 années au service de la bibliothèque de l’X

Dossier : Vie du PlateauMagazine N°717 Septembre 2016
Par Pierre COUVEINHES (70)

La bibliothèque de l’X a été instituée par le décret du 6 frimaire an III portant organisation de l’École centrale des travaux publics, première appellation de l’École polytechnique. Constituée à sa création de livres provenant de biens nationaux ou des académies dissoutes, elle s’enrichit de documents envoyés de Rome par Monge, puis, sous la Restauration, d’ouvrages de grande valeur donnés par le duc d’Angoulême.

Parallèlement, les collections s’accroissaient des publications des professeurs de l’École et des livres nécessaires à leur enseignement.

Aujourd’hui, avec ses 160 000 titres et ses 300 000 volumes, c’est une des plus importantes bibliothèques scientifiques d’étude et de recherche de France. Son fonds qui comprend aussi d’abondantes archives est d’une richesse exceptionnelle pour l’histoire des sciences comme pour l’histoire de l’École.

APPORTER UN SOUTIEN À LA BIBLIOTHÈQUE


Le baromètre de Gay-Lussac et son étui après leur restauration.

L’École polytechnique assure bien sûr le fonctionnement courant de sa bibliothèque, mais le fonds ancien exige des ressources supplémentaires. C’est dans ce but que quelques bonnes volontés se sont rassemblées dès 1986 pour fonder la Société des amis de la bibliothèque et de l’histoire de l’École polytechnique (SABIX).

Ses statuts publiés au Journal officiel du 18 avril 1986 en précisent les objectifs : il s’agit d’apporter un soutien financier et moral à la bibliothèque pour « développer, enrichir, restaurer et mettre en valeur son fonds de livres anciens, rares et précieux, ainsi que de documents d’archives et de musée relatifs à l’histoire de l’École et à l’histoire des sciences et des techniques ».

En effet, les livres, objets et documents détenus à la Bibliothèque sont souvent en mauvais état et des restaurations coûteuses sont parfois indispensables. C’est ainsi que la SABIX a financé en 2015 la restauration du baromètre de Gay-Lussac et de son étui.

ENRICHIR LES FONDS

Par ailleurs, les collections de la Bibliothèque peuvent être utilement complétées par des ouvrages, appareils scientifiques et documents apparaissant dans des ventes publiques ou chez des marchands spécialisés, ou encore disponibles chez des particuliers.

DES SUJETS DIVERSIFIÉS

Initialement consacrés pour l’essentiel aux XVIIIe et XIXe siècles, les numéros traitent aujourd’hui fréquemment de sujets plus proches (Henri Poincaré, Conrad Schlumberger, Georges Besse, André Coyne et Henri Vidal).
En particulier, le dernier bulletin publié (n° 59) a été consacré à Emmanuel Grison, disparu l’an dernier, qui fut le premier président de la SABIX et l’un de ses fondateurs, après avoir été professeur de chimie à l’X et son premier directeur de l’enseignement et de la recherche, jouant un rôle majeur dans l’évolution de l’enseignement.

Ainsi, en février 2012, la SABIX acquiert les carnets de voyage de Jean Henri Hassenfratz (1755-1827), qui fut le premier professeur de physique de l’École polytechnique. Ces carnets sont un exemple rare d’espionnage industriel au XVIIIe siècle (le secret de l’acier « allemand »).

En novembre 2015, elle achète des documents de Louis-Bernard Guyton de Morveau, chimiste et homme politique, qui fut directeur de l’École polytechnique de 1800 à 1804.

La même année, la SABIX finance le rapatriement à la Bibliothèque d’archives léguées par une des descendantes du général Jacques Alexandre Fabre (1801), l’un des quatre polytechniciens mis à disposition du tsar Alexandre par Napoléon, qui fut notamment le premier professeur de l’École des voies de communications à Saint-Pétersbourg. Ces archives sont en cours de numérisation.

En janvier 2016, elle achète des manuscrits relatifs aux concours d’entrée à l’École polytechnique de 1795 à 1845. En mars 2016, elle acquiert diverses lettres manuscrites de Charles de Freycinet (1846), à qui a été consacré un récent bulletin.

En avril 2016 enfin, la SABIX se porte acquéreur d’un ensemble de documents sur la carrière de Jean-François Chaumont (1795), qui a notamment participé à la campagne d’Égypte.

UN BULLETIN PÉRIODIQUE

Parallèlement à ces interventions directes, la SABIX publie depuis sa création un bulletin qui a gagné peu à peu une place très honorable parmi les publications sur l’histoire des sciences et de l’École polytechnique.

Les 59 numéros publiés à ce jour peuvent être commandés sur le site , les numéros de plus de deux ans pouvant être consultés gratuitement en texte intégral.

UNE ACTIVITÉ D’ÉDITION ET D’ANIMATION

Le général Pellé (18882)
Couverture de la brochure de l’exposition consacrée au général Pellé (1882).

Outre la publication des bulletins, la SABIX a engagé une activité d’édition de livres, avec la parution en septembre 2015 de Portraits de polytechniciens de Christian Marbach (56), illustré avec talent par Claude Gondard (65). Une présentation plus détaillée de ce beau livre peut être trouvée sur le site Internet, ainsi qu’une interview de l’auteur présentant la genèse de l’ouvrage.

Enfin, la SABIX participe régulièrement à l’organisation de conférences sur des thèmes concernant la communauté polytechnicienne.

Elle a ainsi contribué activement à l’exposition sur le général Pellé (1882, proche collaborateur de Joffre dès 1914, organisateur de l’armée tchécoslovaque en 1919) tenue à l’École de septembre à décembre 2014, ainsi qu’à la réalisation de son catalogue.

En juin 2015, l’assemblée générale de la SABIX a accueilli une conférence du professeur Fréderic Brechenmacher consacrée à « L’enseignement de l’histoire à l’X ».

En avril 2016, la SABIX, associée à La Maison d’Auguste Comte, a organisé dans un lieu chargé d’histoire, la chapelle de l’Humanité, une conférence d’Alexandre Moatti sur le thème « Auguste Comte et l’institution scientifique ».

RENSEIGNEMENTS ET ADHÉSIONS

Rendez-vous sur le site

Enfin, lors de la dernière assemblée générale de la SABIX, Vianney Bollier (64), président d’X-Résistance, a fait une émouvante présentation sur « Les polytechniciens dans la Résistance », largement consacrée à l’exemple de son père, André Bollier (38).

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