KeeeX, l’avant-garde de la souveraineté numérique

KeeeX, l’avant-garde de la souveraineté numérique 

Dossier : Vie des entreprises | Magazine N°810 Décembre 2025
Par Laurent HENOCQUE (X82)

À l’heure où la souveraineté numérique se résume trop souvent à la localisation des serveurs ou à la propriété des clouds, KeeeX bouscule les codes. L’entreprise marseillaise défend une approche radicale : rendre la donnée elle-même inviolable et traçable, indépendante de toute infrastructure non souveraine. À travers sa technologie de preuve embarquée, KeeeX redonne à la donnée sa liberté et à ses utilisateurs leur confiance — une vision de la souveraineté numérique à la fois pragmatique et révolutionnaire. Entretien avec Laurent Henocque (X82), président-fondateur

La souveraineté numérique se joue beaucoup autour de la confiance dans la donnée. Comment KeeeX incarne-t-elle cette idée dans sa démarche et ses solutions ?

KeeeX a construit une offre logicielle complète sur la base d’une technologie universelle de protection des données et documents sans compromis de sécurité ni altération. Porteurs de leurs preuves et de métadonnées techniques librement choisies, vérifiables par tous sur tout support, les fichiers peuvent ainsi s’affranchir de fournisseurs non souverains pour le stockage, le transport, la présentation, l’exploitation technique y compris sur le terrain et hors ligne. C’est une version ultime de la souveraineté et de la liberté d’usage.

On parle souvent de souveraineté à travers les infrastructures, les clouds ou les serveurs. Vous insistez sur la donnée elle-même. Pourquoi ce changement de regard est-il essentiel selon vous ?

Au lieu de mettre des données fragiles dans des coffres et tuyaux durcis, il est préférable de durcir les données, car elles le restent dans tout contenant, canal, support ou infrastructure. L’indépendance des infrastructures non souveraines voire exposées à des droits extra territoriaux même sur notre sol, crée bien les conditions d’une souveraineté améliorée. Cela conditionne la qualité de la donnée comme actif stratégique, industriel, source d’innovation, de résilience, de confiance, de capacité de défense.

Dans un univers dominé par de grands acteurs américains ou asiatiques, comment une entreprise française peut-elle trouver sa place et se faire entendre ?

Trouver sa place peut relever de stratégies de niche et d’expertise, de protection de la propriété intellectuelle, de collaborations, de capitalisation sur la souveraineté et le respect des réglementations, dans un contexte où malgré tout les groupes industriels et les États favorisent par défaut les solutions mainstream. Se faire entendre demande de la communication bien sûr, appuyée sur la participation à des programmes d’accompagnement très visibles, à des concours.

Qu’est-ce qui, aujourd’hui, empêche encore une adoption large de solutions européennes de confiance numérique ? Est-ce une question de mentalités, de culture, de réglementation ?

On peut citer l’effet de réseau d’une solution déjà hégémonique, le manque de visibilité des alternatives, le manque de confiance dans l’innovation locale, le risque pour les DSI à oser sortir du cadre majoritaire, le déficit d’offre technique souveraine, des pressions diverses. Le déficit considérable de capacités d’investissement et l’absence d’un véritable marché unique européen permettent à d’autres acteurs d’inonder par du « gratuit » jusqu’au point de non-retour. La réglementation est en effet souvent étouffante pour les entreprises européennes et l’impulsion d’État plus faible et moins visionnaire qu’en Chine ou aux États-Unis. 

Vous avez participé à plusieurs initiatives de normalisation. Quel rôle jouent, selon vous, les standards internationaux pour poser les bases d’une véritable indépendance numérique ?

Les normes mettent tous les acteurs sur un pied d’égalité. Elles sont pour une part favorables au développement de solutions locales et souveraines, mais cet effet est souvent contrebalancé par des positions de monopole technique.

Avec l’arrivée des intelligences artificielles génératives et la prolifération des fausses informations, comment une technologie comme la vôtre peut-elle restaurer un climat de confiance ?

La capacité à produire des faux crédibles progresse en effet chaque jour. KeeeX signe, date et rend vérifiable tout contenu, ce qui engage son auteur, et attribue de fait une confiance nulle à un contenu non signé. Personne ne signe raisonnablement un faux opposable, et les identités des auteurs sont uniques et connues. Dans la mesure où la vérification des contenus est facile sans tiers de confiance et possible partout la confiance redevient totale entre sources et consommateurs de données.

Peut-on imaginer un futur proche où chaque document, chaque image ou même chaque mail porterait une preuve de fiabilité et d’origine ? Est-ce une perspective réaliste ?

C’est le cas, car toutes les plateformes d’IA générative et tous les grands opérateurs de réseaux sociaux vont devoir fournir ces preuves. Dans la foulée, les contenus simplement édités par l’IA d’un téléphone ou d’une application tout comme les contenus parfaitement naturels le seront également, laissant ainsi aux contenus non signés une plage d’existence limitée. Par ailleurs l’existence de technologies auto-portées par les données sans dégradation du contenu ne crée pas de besoins d’infrastructure et blockchains et web3 ont popularisé l’identité numérique auto souveraine. L’Estonie dote déjà ses citoyens de moyens de signature individuelle.

Vous collaborez déjà avec de grands groupes. Selon vous, quelle responsabilité portent les entreprises privées dans la construction d’une souveraineté numérique européenne ?

Mon point de vue est peut-être biaisé, mais je mettrais en avant la responsabilité d’une solidarité industrielle. Du fait du syndrome « not invented here », d’une aversion au risque, de pratiques « strictes » des services des achats, les jeunes entreprises porteuses d’offres souveraines ne parviennent pas à être financées et à progresser par la seule commande industrielle. Cette fragilité éthique entraîne une absence de lobbying politique, la perte de potentiels technologiques naissants et la disparition de nombreuses entreprises. Les groupes industriels doivent donner leur chance à des projets souverains par la commande de solutions et de pilotes.

La souveraineté numérique concerne aussi les citoyens. Comment vos technologies peuvent-elles leur donner, à eux aussi, plus de pouvoir et de liberté face au numérique ?

Le fait d’équiper tout contenu, dont les photos, vidéos et sons, mais aussi documents et textes de preuves d’origine infalsifiables ouvre des possibilités très nombreuses. Mentionnons la possibilité de faire valoir un copyright, de revendiquer des droits voisins, de définir ses préférences d’utilisation pour l’entraînement des IA, de mentionner des labels permettant une classification explicite par les réseaux, d’être cités de façon vérifiable vers le contenu d’origine par les IA génératives, de s’opposer à des réutilisations hors contexte ou tronquées comme à l’usurpation d’identité, de rendre leurs contenus portables d’une plateforme à une autre et éviter la censure, de faire valoir le droit à l’oubli, RGPD. Et de gagner du temps et de la sérénité devant la profusion de données.

Enfin, si vous deviez nous décrire l’Europe numérique idéale dans dix ans, à quoi ressemblerait-elle ? Et où situeriez-vous KeeeX dans ce paysage ?

Je formule une utopie. L’Europe numérique idéale dans dix ans opère une offre numérique complète de hardware, calculateurs, clouds, réseaux, opérateurs et infrastructures souveraines dans lesquels les droits à la vie privée sont préservés contre la tentation sécuritaire, notamment par la garantie que le chiffrement reste exempt de portes dérobées. Les solutions proposées de collaboration en ligne, de gestion des messages et échanges, d’intelligence artificielle sont souveraines, chiffrées de bout en bout et tous les contenus partagés sont vérifiables, de sorte que plus aucune fraude par usurpation d’identité, par production de faux documents ne soit possible et que toute action illicite ou fuite de données soit opposable.  


KEEEX EN BREF

Pionnier des métadonnées sécurisées, KeeeX édite depuis 2014 des logiciels de confiance et de sécurité numérique. Son procédé breveté universel et ultra-léger protège tous vos contenus numériques par l’ajout d’un passeport avec identifiant unique, facilitant ainsi leur recherche, indexation et vérification. 

Des références peuvent être ajoutées : mots-clés, copyright, licence d’utilisation, classification, versions, liens, validité, approbation, prompt IA utilisé, opt-out IA… 

La suite logicielle KeeeX est complète et adaptée aux besoins des entreprises et des administrations : certification de CP, constat photo/vidéo horodaté et géolocalisé, preuve d’antériorité, labellisation IA, authenticité et intégrité des données, traçabilité de processus, modèle Zero Trust, Data Centric Security et Data Loss Prevention. 

Fraude documentaire, désinformation, deepfakes, cybermenaces, fuite de données : il devient urgent de signer tous ses contenus afin que chacun puisse en vérifier l’intégrité, la provenance et la date.

https://keeex.me

Donnez votre avis