Jacques Boulard (X60), brillant ingénieur des Travaux maritimes et chef d’entreprise avisé

Né le 27 septembre 1940 à Nice et décédé le 23 mars 2025 à Paris, Jacques Boulard, après une carrière réussie dans le corps des Travaux maritimes, a pris les rênes d’une petite société créée par son père et en a fait un groupe solide et profitable de plus de 1 200 personnes.
À sa sortie de l’X, Jacques choisit l’École des ponts et chaussées et, en 1964, un poste à la direction centrale des travaux immobiliers et maritimes. Sa vie professionnelle au service de la Marine fut intense : elle débuta à Brest où il s’occupa avec succès des travaux de la nouvelle base de l’aéronautique navale à Landivisiau. Il se vit ensuite confier la conception et la réalisation du bassin de carénage des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) alors en construction, le spectaculaire « bassin 10 ». Affecté ensuite à Cherbourg, arsenal spécialisé dans la construction des sous-marins nucléaires, il dirigea la modernisation de son outil industriel. Puis, à Toulon, il s’impliqua surtout dans l’adaptation des infrastructures portuaires à l’arrivée du porte-avions Charles-de-Gaulle, ainsi que dans la construction d’un nouvel hôpital des armées sur le site de Sainte-Anne.
Les équipes qu’il dirigeait se souviennent de son autorité naturelle, de son exigence tranquille et de sa hauteur de vue, mais, derrière une façade parfois intimidante, son écoute se montrait toujours attentive aux idées des autres. Promu ensuite inspecteur général des Travaux maritimes et soucieux de maintenir à un haut niveau technique l’ensemble de sa direction, il créa la division d’assistance technique et d’études générales. Il prit sa retraite en 2001.
Assurer la continuité
En 1947, Paul Boulard, le père de Jacques, avait créé la Société industrielle de contrôle d’équipements – ICE –, spécialisée dans la construction de relais électromécaniques pour la protection des lignes à haute tension. Décédé en 1954, Paul Boulard eut à peine le temps de voir sa société devenir une « jeune pousse », mais préalablement il avait su s’entourer d’hommes qui continuèrent à développer ICE et dans les années 70 réussirent le passage à l’électronique de ses fabrications. Devenu actionnaire majoritaire au décès de sa mère en 1984, Jacques continua à privilégier l’avenir de la société et à ne distribuer que de modestes dividendes. Cette sage politique permit à ICE de traverser les périodes difficiles sans perdre son indépendance et de profiter des périodes favorables pour continuer à se développer.
À sa retraite en 2001, Jacques commença à s’impliquer directement dans la vie de la société ICE. C’était une période difficile de mutations, où il fut nécessaire de procéder à des licenciements pour assurer la survie de l’entreprise. Néanmoins l’avenir restait la priorité : le budget recherche et développement continua à être augmenté (il dépassa souvent les 30 % du chiffre d’affaires par la suite) et une croissance externe fut développée par agrégation de sociétés dont l’activité était complémentaire. Si bien qu’aujourd’hui le groupe ICE dégage de bonnes marges, comprend une vingtaine d’entreprises et compte quelque douze cents salariés.
L’attrait du Japon
Soucieux de continuer à moderniser la gestion du groupe ICE, Jacques Boulard tint à développer l’analyse de la valeur, le contrôle de la qualité, le respect de l’environnement, des sujets qui lui ont toujours tenu à cœur et font aujourd’hui partie intégrante de la culture du groupe. Jacques fut aussi un père attentif et un homme d’une grande culture, attiré par les arts orientaux et en particulier les sabres japonais, au point d’apprendre à parler japonais. Il s’intéressa également à la gravure, maniant le burin avec adresse et réalisant une douzaine de petites planches, d’inspiration surréaliste. Il laisse l’empreinte profonde d’un homme droit, fidèle à ses principes, toujours de bon conseil et soucieux du bien-être de ses proches.





