Hôpital Antoine-Béclère (Clamart, 92).

Henry Pottier, l’architecte du campus de Polytechnique à Palaiseau

Dossier : Nouvelles du Platâl | Magazine N°812 Février 2026

Découvrons Henry Pottier (1912-2000), architecte de l’après-guerre qui a largement contribué au renouvellement urbain. Son héritage, longtemps discret, constitue pourtant une référence et continue à inspirer. 

Formé à l’École des arts décoratifs et aux Beaux-Arts, grand prix de Rome en 1944, Henry Pottier œuvre d’abord à la reconstruc­tion de sa ville natale de Vernon (Eure) et à celle d’Évreux, dont il a édifié la cité administrative et la préfecture. Puis il travaille surtout en Île-de-France, devenant à partir des années 60 l’un de ses architectes les plus prolifiques avec, notamment, la piscine olympique de Colombes, l’hôpital Béclère à Clamart, l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris, et donc la nouvelle École polytechnique à Palaiseau… que viennent compléter l’auditorium Maurice-Ravel de Lyon, le stade Louis-II à Monaco et plusieurs projets en Afrique subsaharienne.

La ville stratifiée

Également coauteur avec Raymond Lopez de la transformation du quartier du « Front de Seine » à Paris, Henry Pottier exprime, à travers sa production du milieu des années 60, l’idée que la « ville stratifiée » est une implémentation de la Charte d’Athènes, plus à même de répondre aux besoins d’urbanisation d’alors. Une charte publiée en 1943 par Le Corbusier mais écrite dix ans auparavant, qui résulte d’une réflexion collective menée lors du congrès international d’architecture moderne (CIAM) de 1933, pour détailler les grands principes de l’urbanisme moderne. Au-delà de la séparation des flux et des fonctions, la verticalisation des usages et des espaces offre, selon Pottier, de nouvelles possibilités spatiales, sociales et politiques, à l’instar de Jean-Claude Bernard, de Yona Friedman ou des prospectivistes Paul Maymont, Paolo Soleri et Archigram. 

Yona Friedman, Perspective – Ville spatiale au-dessus d’une voie ferrée, 1959 – 1965.
© Centre Georges-Pompidou

Henry Pottier œuvre à une époque charnière, où une nouvelle génération d’architectes commençait à réinterroger les préceptes du mouvement moderne. Une transition conceptuelle qu’illustrent la plupart de ses projets et qui, d’une certaine manière, se poursuit encore aujourd’hui.

Pour Brice Piechaczyk, architecte de Rénov’X, Henry Pottier « fait partie de ces architectes des années 60 dont le travail a été en partie occulté par les porteurs de la modernité avant eux et par les architectes médiatiques qui leur ont succédé. Sa génération a pourtant porté la construction d’après-guerre et des trente glorieuses, développé de nouveaux modèles de construction et réinventé l’architecture domestique, universitaire et institutionnelle. Parmi elle, Louis Arretche, Joseph Belmont, Jean Perrin-Fayolle… Leur travail est riche et continue à inspirer, notamment dans la préfabrication, la massification de la construction ou la réversibilité. » 

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