Habiter un monde qui brûle. S’adapter et apprendre à vivre avec le risque climatique
Après l’Accord de Paris, parler d’adaptation aux dérives des climats était comme un sacrilège : c’était distraire les esprits de l’objectif de tout faire pour limiter la hausse à 1,5°, sur lequel les pays s’étaient « accordés ».
Mais les belles intentions ne suffisent pas : nous allons bientôt dépasser les +1,5° et l’on devrait vraiment prendre des mesures pour faire face aux canicules et aux déluges qui vont se succéder. Sinon nous risquons de perdre sur les deux tableaux, le réchauffement nous échappant sans que nous ayons préparé à temps les adaptations nécessaires, le regain actuel du climatoscepticisme n’arrangeant rien.
C’est l’intérêt du livre de Franck Lirzin que de nous alerter sur ce qui se produira si rien n’est fait pour nous adapter et de donner des clés pour organiser une mobilisation générale.
Il propose quatre concepts. Celui de One climate one risk, pour penser de façon systémique le risque climatique. Celui de minimax climat, pour minimiser les dégâts du pire scénario, qui se produira forcément un jour. Celui de biogouvernance, pour faire de la nature notre alliée, au rebours des idées de la révolution industrielle où l’homme ambitionnait de se rendre maître et possesseur de la nature. Celui d’éthique climatique, pour associer toutes les parties prenantes aux transformations, et notamment les plus faibles ; ce n’est pas qu’une question morale car, si ces transformations font trop d’exclus, c’est la survie même des sociétés qui sera menacée.
Le livre est illustré de nombreux exemples d’expériences menées dans le monde, qui montrent qu’un futur désirable est possible, à condition de se mobiliser sans tarder.

