Gustave Leroy (X1925), aviateur, résistant, déporté. Un Dinannais dans son siècle.
Francis Cauwel
Rédacteur : Pierre Séguin (X73)Editeur : Publié par l’Amicale des anciens élèves du collège de Dinan, avril 2026Francis Cauwel a eu une carrière variée au sein de l’Éducation nationale, qui lui a valu d’être élevé au rang de commandeur des Palmes académiques, et il a terminé cette carrière comme proviseur du collège Roger-Vercel, de Dinan. Actif au sein de l’Amicale des anciens élèves de cet établissement, il y a découvert la vie extraordinaire de Gustave Leroy (X1925), ancien élève du collège un peu oublié, qui fut directeur général et réformateur de l’X mais aussi qui survécut à l’enfer de Dora après s’être engagé dans la Résistance ; il lui consacre un ouvrage de 180 grandes pages aérées.
On se reportera à notre rubrique HistoriX du présent numéro de La Jaune et la Rouge, pour avoir des précisions sur ce grand ancien, mais cela ne dispense pas de lire le livre qui vient de sortir : outre que ce dernier entre bien sûr dans des détails qui font sentir la « vraie vie » du personnage, il est illustré par des documents émouvants, notamment des autographes de certains des poèmes que le déporté écrivit lors de son martyre, témoignage à la fois de l’inhumanité de sa condition et de sa capacité de résistance morale.
Le lecteur ne peut que se demander ce qu’il aurait lui-même été capable de faire dans de telles conditions et d’admirer la force d’âme de ceux qui furent capables de survivre. Et de méditer sur les hasards de l’existence : Leroy, mourant, fut laissé au camp lors de l’évacuation de celui-ci, ce qui lui permit d’échapper à l’hécatombe des marches de la mort, mais il survécut assez pour être pris en charge par les Américains et finalement guéri ; le typhus lui sauva la vie ! Il garda des tortures qu’il avait subies et des maltraitances du camp des infirmités graves, mais la force de sa volonté lui permit de reprendre brillamment sa carrière dans l’armée de l’air – jusqu’à terminer avec cinq étoiles et la plaque de grand-croix de la Légion d’honneur. Il en est de moins méritées que celle-là !

