Gratitude. Liste de faire-part.
À la manière de la célèbre épistolière Marie de Rabutin-Chantal, plus connue sous le nom de Madame de Sévigné, ces échanges de mails sont passionnants. Les courriers ou leurs commentaires sont ponctués de haïkus qui, par leur brièveté poétique, soulignent ou accompagnent l’éphéméride des événements, de l’actualité, du temps qu’il fait, des rencontres, des anniversaires ou, plus grave, de réflexions géopolitiques.
Ils sont partagés au sein d’une famille élargie, des alliés et des connaissances, qui se retrouvent dans la simplicité, la quotidienneté voire la banalité des paroles, des actes et des gestes, sur fond d’une histoire passée chaotique, tragique et guerrière, qui a eu pour conséquences tour à tour des exils, des déplacements, des déracinements et aussi des enracinements.
C’est un grand écart dramatique et compréhensible mentalement mais souvent difficile à ressentir dans la chair de celui qui ne l’a pas vécu. L’écriture poétique l’y aide. On se rend compte que la transplantation est parfois plus ou moins un succès. Il semble alors rester probablement un regret, une nostalgie ou une certaine fatalité que le futur aurait pu être autrement que celui advenu.
Aussi peut-on imaginer qu’il aurait été intéressant d’éprouver un parcours de vie « alternatif » qui, à cause de circonstances, de malheurs ou tout simplement de la folie humaine, n’a pas eu lieu. Mais nous n’avons qu’une vie. « Ah, si j’étais riche, chantait Yvan Rebroff, je bâtirais un vrai palais montant jusqu’au ciel. ».




