« Faire rayonner la French Touch dans l’hospitality mondiale »

Du Paradis Latin à Pierre Hermé, du Café Lapérouse à la plage Casa Amor de Dubaï, Butler Industries trace un sillage cohérent : celui d’un « art de vivre à la française » qui conjugue excellence, gastronomie et fête. Avec la prise de contrôle du groupe Moma, cette ambition prend une nouvelle dimension. Rencontre avec Laurent Parquet, Associé au sein du groupe Butler Industries, pour qui la French Touch est un levier de rayonnement international.
Butler Industries a pris récemment le contrôle du groupe Moma. Quelle est la genèse de cette opération ?
L’aventure s’est construite par étapes. Nous sommes entrés au capital de Moma Group en 2024, à hauteur d’un tiers environ, avant d’en devenir actionnaires majoritaires cette année. Cette prise de participation s’inscrit dans un mouvement de fond : Butler Industries se concentre de plus en plus sur le secteur de l’hospitality haut de gamme, que nous regroupons sous une même bannière : l’art de vivre à la française. Notre groupe a toujours eu un ADN multisectoriel, mais nous croyons profondément que ce domaine – celui du plaisir, du service et de l’expérience – représente un formidable levier de rayonnement.
Dans cette logique, Moma, fondé par Benjamin Patou il y a plus de 10 ans, s’est imposé comme un acteur majeur : une constellation de lieux emblématiques – Manko, Mimosa, Café Lapérouse Concorde, Victoria, Le Bœuf sur le Toit, L’Arc… – mais aussi des plages à Saint-Tropez et Marrakech, et une activité événementielle très dynamique. Moma est à la croisée de la gastronomie, du divertissement et du luxe : une combinaison rare qui traduit parfaitement notre vision du savoir-vivre français.
Moma vient donc enrichir un portefeuille déjà très cohérent…
En effet. Nous avions déjà investi dans plusieurs maisons emblématiques : le Paradis Latin, que nous avons relancé ; le groupe Pierre Hermé, que nous accompagnons dans son développement international ; le restaurant triplement étoilé L’Ambroisie, place des Vosges ; ou encore l’Alcazar, ce lieu mythique de la Rive Gauche. Tous ces investissements racontent la même histoire : celle d’un savoir-faire français, d’une exigence de qualité, d’un sens du détail et du plaisir de recevoir. Nous cherchons à bâtir un écosystème de marques d’excellence, complémentaires les unes des autres, qui expriment chacune une facette de cet art de vivre que le monde entier nous envie.
Votre ambition est désormais internationale. Où en êtes-vous de ce déploiement ?
Nous avons commencé par le Maroc, où Moma a ouvert un Noto à Marrakech – un vrai succès – et prépare d’autres établissements à Casablanca. Nous sommes également présents à Dubaï, avec la plage Casa Amor, et nous allons y ouvrir un Paradis Latin à la fin de l’année. D’autres projets sont à l’étude au Moyen-Orient, en Asie et même en Amérique du Sud. Ce mouvement n’est pas anodin : il traduit la conviction que le savoir-vivre français constitue un atout d’influence majeur.
Après les industries du luxe, de la mode ou des spiritueux, il est temps de faire rayonner à l’international un autre pan de notre identité : celui du goût, du service et de la fête. La « French Touch », ce n’est pas seulement une esthétique ; c’est un luxe d’émotions et d’expériences. Nos lieux séduisent parce qu’ils sont à la fois élégants, chaleureux et vivants. On y vient pour manger, certes, mais surtout pour vivre un moment.
Qu’est-ce qui fait la singularité de cette approche ?
Notre promesse est celle d’une hospitalité d’excellence. Nous voulons que chaque client, où qu’il soit dans le monde, retrouve cette attention typiquement française : un mélange de rigueur et de bienveillance, d’élégance et de naturel. Et cela repose sur des femmes et des hommes d’exception. À la différence d’un produit de luxe, qu’on peut fabriquer à Paris et distribuer partout, la qualité d’un lieu se joue sur place, chaque jour, dans la relation humaine. Cela suppose une organisation exigeante et un recrutement minutieux. Trouver, former et fidéliser les talents capables de faire vivre cette expérience, c’est sans doute notre plus grand défi. Cette exigence de service, alliée à une vraie créativité gastronomique, fait de chaque établissement un lieu unique, mais toujours porteur de cette « French Touch ».
En quoi Moma se distingue-t-il des autres grands groupes du secteur ?
Par sa diversité. Là où d’autres acteurs du marché ont tendance à dupliquer des concepts, Moma a choisi la singularité. Chaque restaurant a son identité propre : Manko propose une cuisine péruvienne, Noto l’Italie, Mimosa la Méditerranée, Café Lapérouse la tradition française… C’est une approche plus complexe à piloter, car elle empêche la standardisation. Mais c’est aussi ce qui fait la force du groupe : la cohérence par la qualité, pas par la répétition. C’est une manière d’honorer la richesse culturelle et culinaire qui fait partie intégrante de notre identité française.
Vous parlez souvent de « restauration festive ». Qu’entendez-vous par là ?
C’est un segment en pleine mutation. Aujourd’hui, aller au restaurant ne suffit plus : les clients recherchent une expérience globale. Soit on vise la haute gastronomie, soit on propose un moment unique, une atmosphère, un supplément d’âme. Chez Moma, nous faisons les deux : une restauration sérieuse, exigeante, mais servie dans un cadre vivant, festif, élégant. C’est ce qui fait la force d’un lieu comme Manko : une cuisine d’auteur, une ambiance musicale, une scénographie pensée pour que chaque dîner soit une célébration. L’idée, c’est que le client reparte avec un souvenir, pas seulement une addition.
Ce projet a-t-il aussi une dimension entrepreneuriale ?
Oui, très clairement. L’hospitality est un métier d’émotion, mais aussi de structure. Derrière un lieu qui paraît naturel et fluide, il y a une organisation extrêmement précise. Recrutement, formation, logistique, achats, architecture, expérience client… Tout est orchestré pour que la magie opère. C’est d’ailleurs ce qui, à mon sens, peut intéresser les lecteurs de La Jaune et La Rouge : derrière la convivialité apparente, il y a un travail d’ingénierie. C’est une industrie de l’expérience, qui exige méthode, rigueur et innovation organisationnelle. Et c’est peut-être là une nouvelle frontière du savoir-faire français : appliquer cette excellence technique et cette capacité à structurer à un univers qui, historiquement, reposait davantage sur l’intuition et le flair.
“L’hospitality,
un nouveau terrain
d’innovation française.”
Que souhaitez-vous dire aux lecteurs de la revue ?
Que ce secteur est un formidable terrain d’expression pour leur culture et leurs compétences. Pendant longtemps, les polytechniciens ont fait rayonner la France dans l’aéronautique, l’énergie, la finance. Aujourd’hui, ils peuvent aussi contribuer à structurer des industries plus « immatérielles » mais tout aussi stratégiques : celles de l’hospitality, du luxe expérientiel, de la gastronomie. Nous voulons bâtir un nouveau fleuron français dans ce domaine. Et pour cela, il faut des ingénieurs, des financiers, des stratèges… Ce métier n’est pas réservé aux créatifs ou aux hôteliers. C’est un univers où rigueur et sens du beau, méthode et émotion, se rencontrent. Et c’est ce mariage, je crois, qui fait tout l’intérêt de notre démarche.
En un mot, que voulez-vous que l’on retienne du groupe Moma à l’international ?
Que c’est une French Touch qui voyage. Nos lieux incarnent un savoir-faire du beau, du bon et du lien. De l’excellence culinaire à la qualité du service, de l’attention aux détails à la chaleur de l’accueil, tout vise à faire passer un bon moment. Et si nos restaurants, nos clubs ou nos plages parviennent à faire vivre cela, alors nous aurons réussi : faire rayonner, à notre manière, l’art de vivre à la française.





