Environnement et bâtiment

Dossier : ImmobilierMagazine N°643Par Etienne CRÉPON (87)

Le bâtiment se retrouve au coeur des enjeux du Grenelle de l’Environnement. En effet, pas moins de 15 engagements du Grenelle s’y réfèrent. Cela n’est pas étonnant vu le poids des consommations énergétiques et des émissions de gaz à effet de serre que ce secteur engendre. Le bâtiment représente en effet 40 % des consommations d’énergie et 25 % des émissions de gaz à effet de serre en France.

De la conception à la gestion

L’enjeu réside dans une approche globale intégrant les différents aspects du développement durable

Mais les enjeux énergétiques ne sont pas les seuls. Aujourd’hui, on ne peut réaliser un bâtiment sans prendre en compte également l’impact du bâti sur son environnement, généré par la construction elle-même et l’occupation du bâtiment (déchets, eaux usées…), mais aussi l’impact de l’environnement sur le bâtiment, notamment son insertion dans le site, et les incidences sur le confort et la santé des occupants.

La démarche HQE (Haute qualité environnementale) porte ces valeurs. Initiée au cours des années quatre-vingt-dix, cette approche multicritère permet d’appréhender de manière transversale les enjeux multiples et complexes inhérents à la conception, à la réalisation et à la gestion d’un bâtiment.

Aujourd’hui, les maîtres d’ouvrage sont de plus en plus nombreux à s’engager de manière volontaire dans la démarche HQE, mais aussi à s’inscrire dans une démarche de certification. Les motivations en sont multiples.

Au-delà de la prise de conscience que constitue la démarche HQE, la certification permet tout d’abord de valider les performances et la qualité technique du bâtiment par une tierce partie objective. Elle apporte de plus un gage de qualité sur le management de l’opération, dont on sait qu’il constitue un point clé dans la réussite d’une opération de construction. Enfin, elle peut constituer un atout commercial dans la promotion immobilière.


Centre commercial d’Aubervilliers

Du résidentiel au tertiaire

Les référentiels de certification se sont beaucoup développés ces dernières années. À l’origine axés principalement sur le secteur des bâtiments résidentiels, ils s’étendent désormais également sur le champ des bâtiments tertiaires, avec toutes les spécificités que ce secteur recouvre (bureaux, hôtels, équipements sportifs, etc.).

Si la prise en compte des enjeux environnementaux s’est largement développée parmi les maîtres d’ouvrage et concepteurs de bâtiments, l’enjeu pour l’avenir réside désormais dans une approche plus globale par l’intégration des différents aspects du développement durable. Qualité environnementale et lutte contre le changement climatique, mais aussi mixité sociale et prise en compte des aspirations des citoyens, réalisme économique et reproductibilité, sont des voies d’approfondissement incontournables pour répondre aux enjeux du XXIe siècle.

Le Grenelle de l’Environnement marque une étape fondamentale dans la façon de concevoir nos logements, nos écoles, nos bâtiments de bureaux ou d’activité.

Mais les engagements du gouvernement montrent qu’au-delà de sa qualité intrinsèque le bâtiment, parce qu’il fait la richesse de nos villes et qu’il est le point d’ancrage de chaque citoyen, doit aujourd’hui être aussi appréhendé à une échelle plus large, à savoir la parcelle, le quartier, voire la ville. L’émergence actuelle du concept d’écoquartiers et, au-delà, des écocités, en témoigne. Sa vocation est d’illustrer concrètement que le développement durable doit s’appréhender du logement à l’agglomération.

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