Désertons
Ce petit livre de 169 pages petit format, à la couverture rouge et noire, est un manifeste. Il convie les ingénieurs de toute sorte à partager l’indignation de l’autrice et à faire comme elle, mise en retrait d’avec la société actuelle. Lui sont insupportables le néolibéralisme et une production industrielle trop orientée vers la guerre. Auparavant, cette ingénieure énergéticienne avait étudié et travaillé au Danemark dans la modélisation des réseaux électriques.
La décision de se mettre en marge, de refuser de pactiser avec l’économie du profit et de la destruction renoue, pour quelques-uns d’entre nous, avec l’époque de la guerre d’Algérie. En témoigne la citation de la belle chanson de Boris Vian – un ingénieur lui aussi, passé par Centrale – Le Déserteur.
Bref, une lecture engagée et partisane, d’une plume alerte en son dépit et son activisme. L’autrice, une X 2014, dénonce l’élitisme, l’économie néolibérale et sa dévastation des ressources naturelles. Elle le fait en narrant son trajet personnel, jusqu’à son présent militantisme. Elle veut convertir les ingénieurs à sa radicalité, les incite à questionner leur formation et changer la société. Jeanne Mermet invite à comprendre l’ordre social dominant, climaticide et guerrier, pour le détruire. Son petit livre, de la sorte, est entraînant et convaincant.
C’est plutôt sympathique, argumenté avec fougue, vigueur et logique.



