Des aventures hors normes

Dossier : ÉditorialMagazine N°745 Mai 2019
Par Hubert JACQUET (64)

Herculéens, cyclopéens, titanesques, pharaoniques ou babyloniens : les adjectifs empruntés à la mythologie ou à l’histoire la plus ancienne ne manquent pas pour qualifier les projets démesurés dans lesquels l’homme a depuis longtemps osé se lancer comme en attestent ces témoins que sont, parmi tant d’autres, les pyramides d’Égypte ou la Grande Muraille de Chine ou, plus près de nous, les cathédrales. Ces mégaprojets ont d’abord répondu à des finalités religieuses ou géostratégiques : la question de leur coût, de leur durée et de leur impact social était accessoire. Mais peu à peu, ils ont répondu à des considérations plus économiques et sociales, amenant ainsi des exigences nouvelles de tous ordres. Il faut désormais établir un budget et un plan de financement, fixer un calendrier et s’y tenir, certes. Mais il faut aussi évaluer les conséquences sur la vie des citoyens, sur l’emploi, sur l’environnement : l’aventure humaine que représentent ces mégaprojets ne concerne pas seulement des équipes de financiers, d’architectes, d’ingénieurs et de techniciens mais elle intéresse les peuples. Répondre à ces exigences de tous ordres nécessite de faire appel à un très large arsenal de moyens ­– organisations, supports de communication, outils, méthodes, disciplines, règles et savoir-faire, qui permettent aujourd’hui à de grands ouvrages de voir le jour à la date prévue et dans le respect des enveloppes budgétaires.

“Ces mégaprojets requièrent les compétences les plus variées
et sont par essence « polytechniques »”

Ces mégaprojets requièrent les compétences les plus variées et sont par essence « polytechniques » et il n’est pas étonnant de trouver de nombreux X impliqués dans ces grandes aventures des temps modernes. Ce fut déjà le cas au XIXe siècle avec les grands chantiers d’équipement (réseaux ferrés, canaux, métro, réseaux d’assainissement…) et au XXe siècle avec les grandes aventures du nucléaire, du TGV, d’Airbus et d’Ariane, du tunnel sous la Manche, etc. C’est évidemment encore le cas aujourd’hui.

Le dossier de ce mois nous propose un éclairage sur ces mégaprojets à travers quelques exemples et des réflexions sur leur conduite et leur gouvernance comme ce sera le cas pour l’immense chantier de la reconstruction de Notre-Dame de Paris.

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