Dernière ligne droite pour la levée de Polytechnique Ventures II, 2e millésime du fonds alumni de l’École




Polytechnique Ventures annonce avoir levé 27,50 M€ pour son deuxième fonds et poursuivre sa levée de fonds jusqu’à Noël 2026. Tandis que son premier fonds avait levé 36 M€ fin 2022, l’équipe cible en effet un montant équivalent pour son deuxième millésime et pour accompagner à nouveau 15 à 20 start-up issues de l’écosystème de l’École polytechnique.
À l’été 2024, nous vous annoncions lancer la levée de notre deuxième fonds. C’est maintenant chose bien avancée. Grâce à 115 souscripteurs diplômés de l’École et à la Fondation, le fonds Polytechnique Ventures II est en effet né à Noël 2024 et le montant souscrit à ce nouveau véhicule atteint aujourd’hui 27,50 M€. La levée sera close à Noël 2026, avec un objectif de 30 M€ à 40 M€.
Pour rappel, ce fonds professionnel de capital investissement a été créé à l’initiative des anciens élèves de l’École polytechnique, pour financer et accompagner des start-up issues de l’écosystème de l’École : sociétés deeptech fondées par des diplômés, des enseignants ou chercheurs de l’École, projets issus de ses laboratoires ou accompagnés par l’incubateur X-UP.
Une initiative des anciens, un partenariat avec l’École
À l’origine du fonds, une idée : grâce à la loyauté des anciens envers leur Alma Mater, apporter à l’École le maillon manquant de sa chaîne d’initiatives en matière d’innovation et d’entrepreneuriat, un fonds de proximité. Idée revenant à Denis Lucquin (X77), cofondateur de Polytechnique Ventures, ancien membre du conseil d’administration de l’X, dont la carrière a fait de Sofinnova Partners une référence européenne du capital-risque dans les secteurs industriels appuyés sur les sciences du vivant. Décédé le 3 avril dernier, nous lui rendons ici hommage.
Créé en 2020 après validation par le conseil d’administration de l’École et grâce à l’engagement initial de quelques dizaines d’alumni, le premier fonds a finalement levé 36 M€, selon la thèse suivante : les alumni souscrivent au fonds ; celui-ci investit dans des start-up issues de l’écosystème de l’X ; les alumni, souscripteurs ou non, contribuent aux expertises du fonds et à l’accompagnement des start-up financées ; 10 % des plus-values du fonds sont données à la Fondation de l’École.
Conformément à sa nature de fonds alumni, Polytechnique Ventures complète l’écosystème de l’École en matière d’innovation et d’entrepreneuriat. Polytechnique Ventures est ainsi partenaire de l’incubateur X-UP : ses équipes participent aux comités de sélection, y entraînent et conseillent les start-up, échangent avec toutes les sociétés implantées dans le Drahi X-Novation Center et adressent à X-UP de nombreux experts désireux d’accompagner l’écosystème. Le fonds travaille aussi en synergie avec certains enseignements d’option et masters spécialisés : Master X HEC Entrepreneurs, Master PIC (projets, innovation, conception), Executive Master.
Le fonds est également cofondateur et animateur du cycle de témoignages XPériences : l’ensemble des élèves et la communauté d’innovation et entrepreneuriat du campus sont invités chaque mois à échanger avec un entrepreneur polytechnicien (voir La J&R d’avril 2026).
Les fonds Polytechnique Ventures en bref
Critères de qualification
- Fondateur(s) diplômé(s) ou enseignants chercheurs de l’École
- Spin-off des laboratoires de l’École
- Start-up incubée par X-UP
Critères d’investissement
- Innovation deeptech, à fort potentiel
- Équipe visionnaire et robuste
- Utilité de la proposition
Modalités d’investissement
- Préamorçage : 50 k€ à 500 k€
- Amorçage : 500 k€ à 1 M€
- Série A : ~ 1 M€
- Moyenne de 2 à 2,5 M€ par ligne (total)
Une stratégie inchangée
La stratégie d’investissement du fonds est inchangée pour ce 2e millésime. Nous investissons de manière précoce dans des sociétés très innovantes, relevant des défis d’importance sociétale ; nous choisissons de miser sur des équipes fondatrices visionnaires, rayonnant l’énergie nécessaire à l’aventure entrepreneuriale et désireuses d’être à l’écoute.
Des fonds deeptech, plurisectoriels
Complété fin 2024, le portefeuille du premier fonds montre une diversité de secteurs industriels qui reflète la pluridisciplinarité de l’École, les enjeux industriels abordés et un équilibre entre sociétés d’ingénierie et start-up des secteurs logiciel/données/intelligence artificielle.
Quant au fonds II, ses cinq premiers investissements concernent tous des défis sociétaux de taille :
- la bioproduction d’ARN messager, avec bYoRNA ;
- la génération de puces dédiées à l’inférence en intelligence artificelle, avec Vsora ;
- la médecine de précision dans le cancer, avec One Biosciences ;
- la robotisation de tâches industrielles délicates, avec Gobano Robotics ;
- la purification des eaux et effluents pollués, notamment par les PFAS, avec Porelio.
Focus sur les 5 premiers investissements de Polytechnique Ventures II
Ces sociétés ont toutes en commun un très fort apport technologique, répondant à une demande industrielle importante, insatisfaite jusqu’ici du fait d’obstacles technologiques critiques. Quelques explications sur chacune d’elles.
La molécule d’ARN messager présente un très fort potentiel thérapeutique ; jusqu’ici cantonnée aux applications vaccinales, elle offre des promesses médicales importantes notamment en oncologie, immunologie et maladies rares. Pourtant les modalités de fabrication opérées jusqu’ici (in vitro) ne permettent pas de produire des molécules similaires aux molécules naturelles (elles ne sont pas « maturées » comme elles le seraient chez l’humain), limitant leur fonctionnalité ou engendrant de potentiels effets indésirables. De plus certaines options thérapeutiques requièrent des molécules d’une longueur inaccessible par synthèse in vitro. Enfin celle-ci est très coûteuse. Comme le sont aujourd’hui de nombreux médicaments, il est ainsi désirable de produire l’ARN messager en cellule vivante. Pourtant la molécule d’ARN, véritable matrice pour la fabrication des protéines, est destinée naturellement à être détruite aussitôt que traduite en protéine. Difficile dès lors de la produire en cellule vivante, par biofermentation. C’est le pari que relève bYoRNA, grâce à une technologie de pointe issue de la recherche universitaire.
Historiquement, les puces dédiées à l’intelligence artificielle ont été conçues de manière à permettre l’entraînement des modèles d’IA. Avec l’expansion massive des usages de l’IA, l’inférence – l’exécution des modèles – révèle un verrou technologique nommé memory wall : alors que la performance des puces d’entraînement est essentiellement liée à la puissance de calcul apportée, celle des puces d’inférence est corrélée à l’efficacité de la diffusion de l’information entre différentes couches de mémoire de la puce. À défaut d’une telle efficacité, les processeurs de première génération sont trop lents et trop énergivores pour permettre l’essor du recours à l’IA. Pour répondre à ce défi, Vsora a développé une nouvelle architecture de puce spécifiquement optimisée pour l’inférence, qui se positionne parmi les innovations les plus prometteuses du domaine. Forte d’un partenariat stratégique avec TSMC, leader du secteur, Vsora a réussi le tape-out (première fabrication de la puce sur silicium, après les étapes de design et simulation) de sa puce Jotunn8 qui est en cours de fabrication. Jotunn8 embarque le maximum de mémoire que l’industrie est capable d’offrir aujourd’hui et se positionne ainsi dans le top des circuits les plus puissants du marché. Dans les prochaines semaines Vsora sera en mesure de démontrer l’efficacité de calcul de son architecture dans des data centers.
Dans le traitement du cancer il est suspecté que de nombreux échecs (la moitié des traitements prescrits en première intention sont inadaptés au patient) sont issus de l’hétérogénéité de la tumeur : chacune est constituée d’une population de différents types cellulaires présentant des fonctions différentes, parmi lesquelles les cellules cancéreuses présentent de plus des altérations diverses. Décrypter cette hétérogénéité permettra de guider le clinicien vers le meilleur choix de thérapie pour chaque patient. Jusqu’à aujourd’hui, l’oncologie personnalisée reposait sur l’analyse des gènes, ARN et protéines présents dans la tumeur, toutes cellules confondues. Le séquençage en cellule unique permet d’identifier les différents types cellulaires constituant la tumeur. Or cette technologie n’était pas accessible jusqu’ici dans un format compatible avec le suivi des patients en clinique. One Biosciences apporte une convergence entre de nouveaux protocoles expérimentaux permettant le séquençage en cellule unique dans un cadre clinique et une intelligence artificielle permettant de décrypter l’hétérogénéité tumorale. Ainsi elle identifie des signatures, qui relient la composition de la tumeur à un pronostic d’efficacité de la thérapeutique proposée.

La robotisation des processus industriels est un secteur en forte demande et un vaste champ d’application de l’IA. Jusqu’à maintenant, les robots industriels ne pouvaient que reproduire des tâches simples, standardisées, répétitives. Or l’avènement des récents développements en matière d’intelligence artificielle, notamment les technologies dénommées « apprentissage par imitation » (Imitation Learning) et « apprentissage par renforcement » (Reinforcement Learning), permettront de robotiser des tâches plus complexes : manipulation d’objets de forme variable, souple ; actions requérant une dextérité fine ; tâches exigeant une adaptation « intelligente » à l’environnement. La transformation industrielle qui s’ouvre est potentiellement massive, les candidats au développement d’IA pertinentes sont nombreux… Gobano Robotics s’inscrit dans cette vague récente d’innovations.

Après l’amiante, les PFAS : attendue comme le prochain scandale sanitaire d’envergure internationale, la dispersion des polluants persistants dans l’environnement fait l’objet d’un train de réglementations en cours de déploiement dans tous les pays industriels. Or il n’existe aujourd’hui aucun processus efficace de dépollution des eaux ou des effluents industriels qui soit efficace et durable. Une technologie prometteuse existe pourtant : des billes de silices mésoporeuses ordonnées (FOMS), porteuses de fonctions chimiques capables de capturer les molécules polluantes. Néanmoins cette option restait jusqu’ici confinée aux laboratoires de recherche, car la fabrication des FOMS exigeait des conditions antinomiques avec une montée en échelle industrielle : le procédé devait être conduit sous de très hautes températures, des pressions importantes, un pH très acide, sur des durées de plusieurs jours. Ayant levé ce verrou technologique, et bien sûr breveté sa solution, Porelio entreprend de prouver sa solution au travers de partenariats industriels.
Une recette pour accompagner de tels défis industriels, d’une telle variété ? Non… deux recettes !
Les alumni : un réservoir d’expertise et d’expérience
Un fonds alumni n’est pas en effet « seulement » un fonds souscrit par les anciens, pour financer et accompagner les start-up issues de l’écosystème. C’est aussi un fonds qui bénéficie de l’expertise et de l’expérience de tout cet écosystème.
L’ensemble des enseignants chercheurs de l’École sont une ressource précieuse pour notre équipe, dès qu’il s’agit de comprendre une technologie pointue, ses avantages et ses limitations, les risques qui pourront subvenir lors de son développement et ses concurrentes au niveau international. Ainsi, récemment, nous avons consolidé nos due diligences sur plusieurs sociétés, que nous ayons in fine investi ou pas sur leur tour de table, grâce aux analyses et avis d’enseignants chercheurs en chimie, intelligence artificielle, robotique, environnement… ils se reconnaîtront, et nous les remercions sincèrement pour leurs contributions extrêmement pertinentes.
De manière similaire, nous faisons régulièrement appel à la communauté des anciens dès qu’il s’agit de comprendre un secteur industriel, la pertinence d’une proposition de valeur face à un besoin, la maturité de ce besoin – ou en miroir la maturité d’une proposition en regard du besoin exprimé –, le chemin à suivre par la start-up pour trouver ses marchés… Exercice mené récemment sur les industries du traitement des eaux et des effluents, de la médecine de précision, du logiciel d’entreprise, de la grande distribution, de l’agroalimentaire, de la cybersécurité, de la défense… liste non exhaustive… un grand merci à ces experts également !
C’est bien grâce à la disponibilité de la communauté polytechnicienne que Polytechnique Ventures est à même de développer une pertinence sur tous secteurs technologiques et industriels, reflétant ainsi la pluridisciplinarité de l’École.
Avec une règle : ces expertises de haute qualité doivent profiter à la start-up. Elles se fondent ainsi essentiellement sur un entretien entre l’expert de son secteur et la start-up, à qui sont transmis les éléments d’analyse recueillis, souvent assortis de conseils. Parfois, l’expert devient mentor de la société, ou même membre de son conseil scientifique ou stratégique, ou encore de son conseil d’administration.
Faire équipe avec les entrepreneurs
Deuxième « recette », qui n’est plus un secret dans le monde du capital-risque : être partenaire des équipes de fondateurs. Cette posture, fortement ancrée dans la culture de Polytechnique Ventures, est l’autre pilier de la valeur ajoutée que nous apportons aux start-up que nous rencontrons.
Faire équipe avec la start-up nous permet de lui apporter l’expertise de nos réseaux et de la faire bénéficier de nos expériences, qu’elles soient issues de notre carrière personnelle, ou des apprentissages que nous tirons de l’accompagnement de l’ensemble de nos deux portefeuilles. Faire « vraiment équipe » nous permet d’être aussi généreux qu’exigeants envers nos fondateurs : de construire cette confiance qui permet d’aller toujours plus loin.
Si ce sont nos réseaux d’experts qui consolident notre pertinence scientifique, technique et industrielle, c’est bien notre culture opérationnelle qui tisse notre valeur ajoutée quotidienne auprès des équipes d’entrepreneurs !
Portefeuille du 1er fonds Polytechnique Ventures
Transition énergétique
Pompe à chaleur de nouvelle génération
Production de chaleur industrielle par fission nucléaire
Transition écologique
Épargne verte en ligne
Numérisation des opérations amont en agro-industrie
Fossilisation de déchets industriels
Pact
Matériau durable
Plateforme de gestion de flottes
Numérisation des opérations du secteur maritime
Transformation industrielle
Robotique logistique
Lasers pour la contre-mesure et la détection de gaz
Intelligence artificielle et applications
Copilote des fonctions stratégiques
Data et IA dans l’art contemporain
Agents IA
Copilote des fonctions juridiques


