Capture directe du CO2 atmosphérique (DAC) : nouvelle frontière technologique pour la neutralité carbone

Dossier : Nouvelles du Platâl | Magazine N°812 Février 2026
Par Wesley BROWN de COLSTOUN (E24)

En 2024, la concentration de CO₂ atmosphérique a atteint 421 ppm, dépassant le seuil critique de 350 ppm. Les puits naturels sont saturés et les stratégies de réduction des émissions sont insuffisantes. La capture directe du CO₂ atmosphérique (DAC) émerge comme une solution pour extraire le carbone de l’air et atteindre la neutralité carbone. L’Agence internationale de l’énergie vise à capturer 980 millions de tonnes de CO₂ par an grâce à la DAC d’ici 2050.

La DAC utilise divers procédés : L-DAC (absorption par solutions alcalines, régénération par calcination) et S-DAC (adsorption par sorbants solides, désorption à température modérée). Des technologies émergentes incluent l’adsorption électrochimique (ESA), l’adsorption pilotée par humidité (MSA) et la séparation par membranes sélectives (m-DAC). En 2024, le marché mondial de la DAC est estimé à 100 M$, avec une croissance annuelle de 60 % jusqu’en 2035, et devrait dépasser 1,7 Md$ dès 2030. Quatre usines sont opérationnelles et seize sont en développement en Europe, au Moyen-Orient et aux États-Unis.

Les avantages de la DAC incluent sa flexibilité géographique, la captation du CO₂ « historique », la valorisation du CO₂ capté et l’absence de compétition avec les terres agricoles. Cependant, elle présente des limites telles que la faible concentration de CO₂ dans l’air, la dépendance aux énergies renouvelables et aux sites de stockage géologique, la consommation élevée en eau, le coût élevé (230 $ à 1 000 $ la tonne) et une consommation énergétique importante. La DAC pourrait consommer jusqu’à 12 % de l’électricité mondiale en 2100.
Les risques incluent des questions éthiques et des impacts environnementaux liés à la production des sorbants.

Les effets de la DAC incluent l’optimisation énergétique, l’innovation sur les sorbants et procédés, et l’intégration dans les politiques nationales et internationales. À court terme (2025–2030), la DAC doit industrialiser les pilotes et évaluer la viabilité économique/technique. À moyen terme (2030–2040), elle doit abaisser les coûts sous 100 $/t et développer des hubs régionaux. À long terme (2040–2050), elle doit être déployée à l’échelle gigatonne, dans une logique de soutenabilité et d’équité.

Schéma général des étapes du procédé DAC.
Rôle du DAC dans la captation de CO2 dans le scénario Net Zéro en 2050, AIE, 2022.

W. Brown de Colstoun, Direct Air Capture, SOTA Report, École polytechnique (2025)

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