Cap sur le zéro enfouissement des meubles et matelas usagés

Qui est Eco-mobilier ?
Eco-mobilier est l’éco-organisme en charge de la collecte, du tri, du recyclage et de la valorisation des meubles et matelas en fin de vie. Sa vocation est également d’encourager le réemploi et la réutilisation du mobilier usagé.
C’est un modèle unique en son genre, qui n’a pour l’instant aucun équivalent en Europe, en termes de périmètre et de mission.
Cette société privée à but non lucratif et agréée par les pouvoirs publics a été créée en décembre 2011 à l’initiative de 24 actionnaires, fabricants et distributeurs pour répondre à leur responsabilité environnementale. Eco-mobilier est financé par une écoparticipation dont s’acquitte chaque consommateur lorsqu’il achète un meuble neuf.
Depuis sa création en 2011, quelles sont les principales évolutions que vous avez connues ?
À la création d’Eco-mobilier, plus de la moitié des meubles usagés étaient enfouis et seuls 23% d’entre eux étaient recyclés. Lorsqu’Eco-mobilier a été agréé en 2012 pour une période de 5 ans, son but était de détourner ces meubles de la mise en décharge afin qu’ils soient recyclés ou utilisés comme source d’énergie.
Nous avons donc mis en place un schéma opérationnel efficace en déployant plus de 4 000 points de collecte sur la quasi-totalité du territoire (estimation à fin 2017).
Désormais, plus de 2 400 déchèteries publiques gérées par les collectivités territoriales sont équipées d’une benne dédiée au mobilier.
Afin de favoriser le réemploi des meubles usagés en bon état et de contribuer ainsi à l’économie circulaire, Eco-mobilier est également partenaire de plus de 350 structures de l’économie sociale et solidaire, notamment Emmaüs et le Réseau des Ressourceries.
Eco-mobilier est ainsi passé de 8 486 tonnes collectées en 2013 à 530 000 tonnes à fin 2017. En 5 ans, plus d’un million de tonnes de meubles usagés ont été collectées pour être recyclées ou valorisées. Aujourd’hui, après 4 années pleines de fonctionnement opérationnel, plus de 90 % des meubles usagés sont recyclés en nouvelles matières ou valorisés en énergie.
Comment définiriez-vous vos missions ?
Notre rôle est de prendre en charge la collecte, le tri, le recyclage, la valorisation et de favoriser le réemploi et la réutilisation des meubles usagés en partenariat avec les fabricants, artisans et distributeurs de meubles, les collectivités territoriales, les opérateurs du déchet et les structures de l’économie sociale et solidaire.
Concrètement, nous proposons aux particuliers qui souhaitent se débarrasser de leurs meubles et de leurs matelas usagés des solutions simples et accessibles. Ils peuvent :
- Les donner à des associations qui pourront les réparer, les revaloriser ou les upcycler avant de les proposer à la vente à des prix solidaires;
- Les déposer en déchèterie;
- Les faire reprendre à la livraison par les magasins volontaires.
D’ici à 2020, nous voulons couvrir la totalité du territoire en points de collecte. Nous avons également un enjeu majeur sur le devenir du bois recyclé. Le bois est en effet un des matériaux que nous collectons le plus. Pour nous, favoriser l’usage de bois recyclé dans la fabrication de panneaux de particules en France est une des solutions phares à encourager.
Parce que le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas, nous encourageons aussi toutes les actions de prévention des déchets et accompagnons les enseignes d’ameublement dans leurs démarches d’éco-conception, pour que la fin de vie des meubles soit prise en compte dès leur création.
Dans cet objectif de prévention, Eco-mobilier fait aussi la promotion du réemploi avec ses partenaires, comme Emmaüs. Un des axes est notamment de développer la formation du personnel.
Un Certificat de Qualification Professionnelle « Intervenant en revalorisation de mobilier et d’agencement » a ainsi été créé et mis en place en 2017, et est en cours de déploiement auprès des associations.
Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2018, le périmètre d’intervention d’Eco-mobilier s’est élargi à la collecte, au tri, au recyclage et à la valorisation des couettes et oreillers usagés, comme décidé par la loi dite de « transition énergétique pour une croissance verte » d’août 2015. La prise en charge opérationnelle de ces produits sera effective dès octobre 2018.
Enfin, c’est avec l’engagement de tous que nous pourrons atteindre cet objectif ambitieux qu’est le ZERO enfouissement.
ECO-MOBILIER EN CHIFFRES (ESTIMATIONS À FIN 2017)
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530 000 tonnes collectées et valorisées à 93 %, dont 58 % de recyclage
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Plus de 4 000 points de collecte :
– déchèteries publiques
– plateformes de l’économie sociale
et solidaire
– distributeurs ou professionnels volontaires
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Plus de 300 structures de l’économie sociale et solidaire sous convention
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630 contrats avec les collectivités territoriales, couvrant 62 millions d’habitants
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6 166 adhérents (fabricants, artisans et distributeurs)
Il nous est donc primordial d’informer et de sensibiliser le consommateur-citoyen qui paye l’éco-participation sur le devenir de ses meubles en fin de vie, de valoriser et de donner du sens à sa démarche lorsqu’il choisit de donner ses meubles usagés à une association ou de les déposer en déchèterie.
Vos perspectives ?
Nous avons un rôle central à jouer en tant que catalyseur d’innovation et de développement de solutions ou produits intégrant des matériaux recyclés. Nous allons soutenir et développer des projets R&D visant à trouver de nouveaux débouchés aux matières issues de meubles usagés (bois, mousse, textile…).
En 2017, nous avons notamment lancé l’Eco-innovation Challenge, un appel à projets de R&D consacré au développement de technologies innovantes et de nouveaux débouchés industriels pour le recyclage des matières issues des matelas, des couettes et des oreillers usagés.
Nous allons aussi encourager l’innovation en créant une chaire d’études sur les nouveaux matériaux à base de matières recyclées.

