Installation BKtech sur un site industriel (Suède).

BKtech fait la preuve par l’exemple et accélère la transition bas carbone 

Dossier : Vie des entreprises | Magazine N°809 Novembre 2025
Par John ROBINSON

À la pointe de la transition bas carbone, BKtech innove avec ses solutions bioénergétiques modulaires pour l’industrie. Lauréate du Trophée de l’Innovation au CFIA Rennes 2025, l’entreprise démontre la pertinence de ses technologies, déjà adoptées par le groupe Bel sur plusieurs sites, alliant performance, flexibilité et ancrage local.

Quels sont les principaux leviers technologiques qui permettront d’accélérer la transition bas carbone dans l’industrie française ? Quelle est la contribution spécifique des solutions proposées par BKtech par rapport aux approches énergétiques traditionnelles ?

Nous sommes sur une complémentarité de solutions pour répondre aux différents besoins de transition bas carbone. Pour une entreprise, la première étape concerne l’efficacité énergétique dans son ensemble, ce qui peut être le passage à l’éclairage LED, par exemple. Cependant, si on veut vraiment décarboner, il faut agir au niveau des utilités. La première chose à faire, c’est de maximiser, c’est-à-dire transitionner les besoins en eau chaude sur des technologies qui vont être variées par rapport aux possibilités.

On peut parler du solaire thermique par exemple, ou du pellet, tout va dépendre de la ressource et de la place disponible. Une fois ce travail réalisé sur les sites énergétiques, on a le résiduel thermique sous forme de vapeur à décarboner. C’est là que l’on dispose des chaudières biomasses sur plaquettes forestières, utilisées depuis plus de quinze ans en France, pour répondre à des besoins constants. En revanche, la contribution spécifique de BKtech, c’est d’apporter une réponse aux besoins fluctuants en vapeur. C’est la part la plus difficile à décarboner pour les industriels.

Comment vos solutions bioénergétiques modulaires répondent-elles aux défis de variabilité et de flexibilité énergétique auxquels sont confrontées les industries, notamment en ce qui concerne la gestion des pics de demande de vapeur ou d’énergie dans les process industriels ?

Cette question interroge beaucoup nos prospects puisque c’est une nouveauté. Pour gérer les pics avec la biomasse, on utilise une chaudière tube de fumée standard deux fois plus longue qu’une chaudière au gaz fossile liée à la longueur de flamme biomasse comparée au gaz fossile. Ce qui fait que l’on a une volumétrie d’eau dans la chaudière plus importante. On va utiliser cette volumétrie d’eau dans la chaudière pour gérer les fluctuations, comme un ballon tampon.

Cette volumétrie d’eau est associée également à une surpression puisque nos chaudières en standard sont à 20 bars (elles peuvent monter à 31 bars) et les besoins des clients se situent généralement autour de 8 à 12 bars. C’est donc la double association du différentiel de pression et de la volumétrie d’eau importante qui nous permet de gérer de fortes fluctuations de demandes. Outre la performance, quand on parle de fluctuation, il convient de considérer la temporalité. En effet, nous avons des clients qui ont des opérations en 2-8 par exemple, ou saisonnières et pour qui le fait de pouvoir démarrer et arrêter une chaudière à granulés très simplement constitue un atout non négligeable.

Pouvez-vous partager des exemples concrets ou des indicateurs mesurés illustrant la réduction effective de l’empreinte carbone de vos clients industriels, en particulier par rapport à l’utilisation de granulés de bois et la comparaison aux énergies fossiles traditionnelles ?

L’ADEME met à disposition la Base Empreinte, base de données publique officielle de facteurs d’émission de chacun des carburants. Par exemple, le granulé de bois français a une empreinte carbone sur son cycle de vie de 11,3 grammes, équivalent par kilowatt-heure. Si l’on compare avec le gaz fossile qui est l’énergie la plus utilisée en France pour les besoins fluctuants, nous avons une empreinte de 239 grammes. Il en résulte, en utilisant granulé de bois français, une réduction de plus de 95 % des émissions de CO2 en passant du gaz fossile — importé de Russie historiquement, l’impact  CO2 sera plus important avec le GNL américain.

Votre engagement dans l’approvisionnement local de biomasse favorise-t-il une structuration durable des filières françaises ? Comment collaborez-vous avec les producteurs locaux pour maximiser l’impact environnemental et socio-économique positif de vos projets ?

Nous sommes membres de l’association Propellet France qui regroupe à la fois des producteurs de granulés et des entreprises qui sont dans l’environnement tout autour du granulé. Nous avons noué des contacts avec un ensemble de producteurs puis en fonction des localités et des projets industriels, nous effectuons une mise en relation avec les producteurs les plus proches. La contractualisation se fait ensuite directement entre le producteur et l’industriel ce qui évite d’ajouter une marge inutile. Nous avons une bonne connaissance du métier de producteur puisqu’historiquement, en Suède,  BKTech  est producteur de granulés de bois. 

Quels sont selon vous les principaux obstacles réglementaires, financiers ou technologiques freinant aujourd’hui l’adoption massive de solutions bioénergétiques dans l’industrie française ? Quelles actions recommanderiez-vous aux décideurs pour opérer une transition plus rapide vers une industrie bas carbone ? 

Au niveau réglementaire il y a du positif, même dans la période que nous traversons, puisque le Fonds chaleur est toujours actif pour la transition biomasse et que nous avons aussi un BCIAT pour des plus grosses chaudières qui permet aux industriels de candidater jusqu’à mi-octobre. Parmi les réflexions menées, sur les réductions d’apport, en comparant les schémas, parmi les sujets qui ont apporté le plus au niveau national, on trouve la conversion biomasse, d’où le maintien d’un support.

En ce qui concerne les freins, on a les prix du gaz fossile et les projections de tarification lorsque l’on considère un ROI standard. Le granulé de bois est aux alentours de 55-60 euros du mégawatt-heure livré sur site, alors que le gaz fossile a des estimations à partir de 50 euros du mégawatt-heure avec les taxes. Lié à l’urgence climatique, il faut que les industriels s’imposent des pénalités sur leurs émissions de CO2 en attendant la législation, avec notamment l’ETS2 à venir. C’est ce qu’ils font par exemple lorsqu’ils ont des engagements SBTI. Bel est un bon exemple d’engagement lié à une ambitieuse démarche de décarbonation.

D’autres également se sont engagés ou sont en passe de s’engager avec nous. En Suède — marché historique de BKTech qui a introduit le sujet des taxes carbone en local depuis 1991 —, le gaz est aujourd’hui à 140 euros du mégawatt-heure, que ce soit pour les individuels ou pour les professionnels. Une possibilité serait selon moi d’avoir une taxe carbone qui augmenterait peu à peu pour les industriels uniquement, et dont les bénéfices serviraient à financer la transition vers des solutions renouvelables.  

https://bktechgroup.fr/

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