Auguste Comte. Amour, ordre et progrès.
Comme s’en amusait notre camarade Erik Egnell (X57), lors d’une conférence à la Sabix, « il a été écrit plus de pages sur Comte que lui-même n’en a écrites, ce qui n’est pas peu dire ». C’est un très bref mais dense ouvrage qu’y ajoute récemment D. Labreure, docteur ès lettres, directeur de la Maison-musée Auguste-Comte (Paris VIe).
Notre philosophe polytechnicien trouve donc sa place dans cette collection de portraits succincts (100 pages, petit format) promue par cet éditeur, de Cicéron à Richelieu en passant par Jean Moulin. Vous y trouverez tout concernant la vie de cet « enfant terrible de l’École polytechnique » (selon l’expression de Bruno Gentil (X55) : sa scolarité, ses relations tumultueuses avec les institutions scientifiques, ses « orages cérébraux » (ainsi qualifie-t-il ses accès de folie), son idolâtrie de Clotilde de Vaux (sœur de son élève Maximilien Marie, X1838), mais aussi ses cours aux ouvriers, pendant près de vingt ans, et la correspondance avec ses fidèles.
Si la présentation de la philosophie positiviste ou de la religion de l’Humanité n’est pas développée (ce n’est pas le but de la collection), elles sont mentionnées et l’ouvrage fourmille de détails sur la vie de ce penseur qui a traversé le siècle, et dont l’influence va bien au-delà de sa mort en 1857 : l’auteur explique comment la France, notamment la IIIe République, s’est construite sur un socle positiviste, de Clemenceau et Ferry à Maurras et Alain, et de nos jours jusqu’à Michel Houellebecq (« Auguste Comte toi-même ! », vocifère Bruno à son demi-frère Michel, biologiste, dans Les Particules élémentaires, 1998). Un ouvrage d’écriture enjouée et de lecture plaisante, qui humanise un personnage trop souvent vu comme particulièrement austère.


