XelPlex Horiba

« Les sciences de la vie font partie des sujets qui vont forger notre conception du futur »

Dossier : Dossier FFE hors sérieMagazine N°737 Septembre 2018
Par Ramdane BENFERHAT

Quelques mots pour nous présenter Horiba ?

HORIBA est un groupe japo­nais basé à Kyo­to qui emploie plus de 7 500 per­sonnes dans le monde (envi­ron 1 000 en France) et qui génère un chiffre d’affaires de l’ordre de 1,7 mil­liard de dol­lars. L’activité du Groupe est scin­dée en 5 seg­ments axés sur le Médi­cal, le Scien­ti­fique, l’Automobile, le Semi-conduc­teur, le Pro­cess & Envi­ron­ne­ment. HORIBA est entré sur le mar­ché fran­çais il y a envi­ron 35 ans en tant que four­nis­seur de sys­tèmes de mesure des gaz d’échappement des véhi­cules. HORIBA France a été créé en 1982. Les rela­tions entre la France et HORIBA se sont déve­lop­pées à la fin des années 1990 avec l’acquisition d’ABX SAS (actuel­le­ment HORIBA ABX SAS), une entre­prise basée à Mont­pel­lier et en 1997, d’Instruments SA Jobin Yvon (actuel­le­ment HORIBA FRANCE SAS). En 2008, HORIBA a démar­ré une nou­velle usine de réac­tifs à Mont­pel­lier et en 2012, HORIBA implante son centre de recherche et déve­lop­pe­ment sur le pla­teau de Saclay. Grâce à ces inves­tis­se­ments, le groupe sou­haite que les rela­tions avec la France se déve­loppent encore davantage. 


Xel­Plex, un ins­tru­ment basé sur la SPR, entiè­re­ment automatisé
dédié au cri­blage et au clas­se­ment de molé­cules telles que
les anti­corps ou aphtamères

Quelle est la place de la biotechnologie au sein du groupe ?

La volon­té de déve­lop­per cette acti­vi­té remonte à quelques années avec le rachat en 2009 de Genop­tics une petite start-up fran­çaise incu­bée par l’Institut d’Optique et qui avait déve­lop­pé un ins­tru­ment basé sur la tech­nique de Réso­nance des Plas­mons de Sur­face plus connue sous le nom de SPR. La SPR est une tech­nique optique qui per­met l’étude fine des inter­ac­tions molé­cu­laires, par exemple ADNADN, ADN-pro­téine, pro­téine-ligand, pro­téi­ne­sucre, ou anti­corps-anti­gène, sans mar­quage de la molé­cule à ana­ly­ser (Label Free), donc sans risque de déna­tu­ra­tion. La spec­tro­sco­pie de fluo­res­cence est abon­dam­ment uti­li­sée dans le domaine des sciences de la vie pour le sui­vi de l’interaction d’une cel­lule vivante ou d’une molé­cule avec son envi­ron­ne­ment. Pour cela, il suf­fi­sait de mar­quer la molé­cule ou la cel­lule à ana­ly­ser avec un fluo­ro­phore. Récem­ment, la spec­tro­sco­pie Raman, tech­nique d’analyse de la struc­ture vibra­tion­nelle des molé­cules, a vu un réel essor dans le domaine des sciences de la vie. Son aspect non des­truc­tif et label-free cou­plé à la sen­si­bi­li­té et la haute réso­lu­tion spa­tiale de la tech­nique font de la spec­tro­sco­pie Raman un outil indis­pen­sable de carac­té­ri­sa­tion dans le domaine des sciences de la vie. En effet, le spectre de vibra­tion molé­cu­laire col­lec­té par effet Raman, est une source d’information ines­ti­mable sur l’environnement et l’évolution de l’espèce ana­ly­sée. Lea­der mon­dial dans le domaine de la Spec­tro­sco­pie Raman et de la Fluo­res­cence, il a été natu­rel pour notre entre­prise de construire une offre dédiée à enri­chir notre métier his­to­rique dans l’analyse des pro­prié­tés phy­siques des maté­riaux avec celui de la géné­tique et de la Science du Vivant. Cette muta­tion a néces­si­té des efforts aus­si bien sur le plan tech­nique, humain que finan­cier. Au cours des cinq der­nières années, nous avons gagné en matu­ri­té et avons iden­ti­fié que le sec­teur que nous vou­lons adres­ser est celui du déve­lop­pe­ment d’instruments de mesure pour le déve­lop­pe­ment et à la carac­té­ri­sa­tion de médi­ca­ments dans le domaine de la Phar­ma­cie et à la carac­té­ri­sa­tion, l’identification et la sélec­tion sans mar­quage de cel­lules vivantes (Label Free) dans les Sciences de la Vie. Il s’agit pour nous d’un véri­table axe de croissance. 

Quels sont les enjeux auxquels vous êtes confrontés dans cette démarche ?

Nous fai­sons face à un « gap » cultu­rel tant dans le domaine tech­nique que com­mer­cial. De par notre métier his­to­rique, à savoir l’analyse des pro­prié­tés phy­si­co-chi­miques des maté­riaux, nous avons, au sein de la socié­té, de nom­breux phy­si­ciens qui ont une démarche très orien­tée Phy­sique du Solide. Cette exper­tise tech­nique a été béné­fique pour l’adaptation de nos ins­tru­ments de mesure au domaine de l’analyse de médi­ca­ments. En revanche, on a du l’enrichir à par­tir de col­la­bo­ra­tion avec des lea­ders scien­ti­fiques dans le domaine des Sciences de la Vie. Il en est de même pour notre force com­mer­ciale. Basée actuel­le­ment sur l’utilisation de filiales du groupe et de nos dis­tri­bu­teurs tra­di­tion­nels, cette force de vente a mon­tré ses limites. Elle doit être com­plé­tée par un réseau de ventes adap­té. Nous avons fait le choix de tra­vailler lors de cette pre­mière phase en interne afin d’acquérir les com­pé­tences requises pour ce mar­ché et être en mesure de conti­nuer d’élargir notre por­te­feuille pro­duit et notre capa­ci­té à nous déployer effi­ca­ce­ment. De ce fait, les Sciences de la Vie font par­tie des sujets sur les­quels nous avons fait le choix de nous posi­tion­ner for­te­ment aujourd’hui, et qui vont contri­buer à for­ger notre futur. 

Cartographie Nano-Raman Horiba
Car­to­gra­phie Nano-Raman
(Raman ampli­fiée par effet de pointe)
d’une struc­ture ADN sur une sur­face de 50 x 20 nm2

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