Magazine N°560 Décembre 2000 - Arts, Lettres et Sciences
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Les Cultures de l’humanité

L’aventure de la tour de Babel n’a pas eu pour seule cause la diversité des langages, mais aussi la diversité des philosophies, des religions et des cultures. Pour s’en persuader, il suffit de consulter l’œuvre de Michel Malherbe.

Après Les Religions de l’humanité, Les Langages de l’humanité, Les Musiques de l’humanité, Les Philosophies de l’humanité, voici Les Cultures de l’humanité qu’il nous livre comme une sorte de couronnement… en nous démontrant que le développement est une question de culture.

Depuis longtemps, je suis convaincu que le développement, la formation et l’éducation des peuples sont très étroitement conditionnés par leur culture, mais je n’ai jamais rencontré un tel ouvrage qui traite ce problème à fond, dans sa globalité malgré sa grande complexité.

Bien que la clarté et la méthode d’exposition de ce livre soient tout à fait remarquables, ce n’est pas en quelques lignes que l’on peut en faire un compte rendu exhaustif et synthétique. Je me contenterai donc de souligner les points qui me semblent les plus intéressants et les plus novateurs.

Dans la première partie, la diversité des cultures dans le monde est très bien mise en évidence par un examen approfondi des grands ensembles géographiques et de la situation géopolitique de cinquante pays caractéristiques. L’auteur plonge également dans la structure des sociétés, en évoquant les minorités et les groupes sociaux. On serait tenté de descendre ainsi jusqu’à l’individu pour trouver enfin une certaine homogénéité culturelle.

Certes, la mondialisation tend à créer des passerelles entre les ensembles culturels. La mise en lumière de certaines élites ou classes sociales favorisées, le succès de certaines idéologies répandues, les modes médiatiques peuvent donner l’illusion d’une culture mondiale commune. En fait il n’en est rien car les traits culturels fondamentaux des peuples sont ancrés profondément et la mondialisation n’apporte, du moins pour l’instant, qu’un vernis plus ou moins résistant.

Dans la deuxième partie de son ouvrage, Michel Malherbe se livre à une analyse pertinente du développement et de la culture.

On a donné de multiples définitions de la culture.

J’aime bien rappeler avec Malherbe que la base d’une culture repose sur une conception commune de la vie, le respect des mêmes valeurs et le même degré de conviction dans l’action. Les différences culturelles ont conduit à des modèles de sociétés présentant des aspects si contrastés qu’ils se confrontent parfois avec violence.

“ Le progrès ou le recul d’une société dépend étroitement de son système de valeurs ” dit encore l’auteur. C’est encore plus évident quand on parle de développement qui comprend une composante volontariste. Le développement est, en effet, une accélération délibérée du progrès, et l’on ne peut obtenir des résultats positifs que si les actions exercées sont soigneusement adaptées. Ainsi, la généralisation du progrès matériel suivant un modèle stéréotypé négligera fatalement l’épanouissement des cultures locales, coûtera très cher et conduira, le plus souvent, à des échecs au moins partiels.

Le livre résume les conditions nécessaires au développement, les freins qu’il peut rencontrer, et les moteurs qui lui conviennent le mieux. Mais, il y a aussi des effets pervers : c’est le cas des actions volontaristes qui accroissent les inégalités au point d’augmenter le nombre des laissés-pour-compte et qui conduisent à neutraliser les effets attendus du développement.

Dans la troisième partie du livre, on attaque l’étude des modèles de développement des grands ensembles géopolitiques. Mais il est possible d’inventer d’autres modèles qui tiennent mieux compte des spécificités culturelles. L’imagination et l’expérimentation trouveront là un domaine de choix.

En évoquant les bouleversements que le monde peut subir et toutes les catastrophes qui nous guettent, Michel Malherbe ne nous promet pas “ des lendemains qui chantent ”. Cependant, sa conclusion est teintée d’optimisme : il nous invite à être suffisamment enthousiastes pour agir et gagner cette œuvre collective qu’est le développement. S’il n’y a pas de solutions préfabriquées ou de recettes infaillibles, on ne trouvera d’issue qu’à deux conditions obligatoires : le maintien de la paix et la protection du monde où nous vivons. Nous devrons nous mobiliser pour atteindre ces deux objectifs.

C’est certain…, mais je retiendrai principalement de ma lecture que notre responsabilité fondamentale est de faire preuve de plus d’humanisme

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