Magazine N°705 Mai 2015 - Solidarité
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Former les jeunes, une mission pour les X

Faciliter l’accès à l’enseignement supérieur, et notamment aux grandes écoles, des jeunes qui ne bénéficient pas d’un environnement social et culturel favorable : trois initiatives en ce sens impliquent la communauté polytechnicienne et apportent la preuve de la pertinence de cette approche.

Des élèves du programme GEPPM
Les élèves du programme GEPPM pendant une séance de tutorat.  © JÉRÉMY BARANDE
 

Il est particulièrement intéressant de présenter et d’analyser quelques initiatives concernant l’accès des jeunes au supérieur : comment préserver la qualité d’une sélection tout en faisant effectivement accéder à l’enseignement supérieur, et notamment aux grandes écoles, les jeunes capables de devenir les cadres de demain, en particulier des ingénieurs ?

Comment donner cette chance à ceux que certains déterminismes ou préjugés actuels risquent de ne pas appeler à cette voie ?

REPÈRES

La communauté polytechnicienne s’est toujours intéressée aux questions de formation et d’enseignement. Professeurs, écrivains, médiateurs de la culture scientifique, technique ou industrielle, d’innombrables X ont apporté leur temps et leur talent à la formation permanente des adultes comme à l’apprentissage des plus jeunes.
Sans vouloir se substituer à l’État dans sa vocation fondamentale d’éducation, parfois par des ajustements globaux, parfois des initiatives individuelles.
Quand Serge Goldberg (48) et Jacques Bouttes (52), avec l’appui de l’Institut Paul-Delouvrier, organisent des cours de soutien, quand Michel Vaillaud (50) finance des écoles « Plein Soleil » à Haïti, quand Jean-Marie Petitclerc (71) anime l’association Valdocco pour présenter à des jeunes de banlieue des voies de progrès fondées sur le travail et le respect de soi-même, ils contribuent comme des centaines de polytechniciens et d’autres Français à une mission éducative primordiale.

Des inégalités d'accès

Des polémiques s’élèvent de temps à autre au sujet de l’inégalité de l’accès à l’enseignement supérieur. Parfois argumentées de manière caricaturale, comme lorsqu’on explique qu’exiger à dix-huit ans un niveau satisfaisant d’expression et d’écriture en français serait discriminatoire.

“ Les X se souviennent tous de glorieux polytechniciens de familles modestes ”

Parfois plus justifiées dans leur analyse : si les inégalités de capacité existent chez les individus, beaucoup sont aussi, et trop souvent, victimes d’inégalités de milieu culturel, de soutien familial, de qualité des établissements scolaires qui les accueillent.

Une telle situation ne peut qu’interpeller les X, notamment quand ils constatent eux-mêmes que le nombre des enfants de cadres supérieurs ou d’enseignants est proportionnellement plus élevé dans les familles des élèves actuels que ceux d’autres origines, et quand ils se souviennent de tous les glorieux polytechniciens de familles modestes entrés en prépa puis à l’École après un repérage perspicace de leurs instituteurs ou professeurs, et un travail structuré.

Des initiatives

Aussi, sans vouloir empiéter sur ce qui est d’abord une responsabilité de l’Éducation nationale, des polytechniciens ont-ils lancé des initiatives de repérage, de soutien scolaire et d’accompagnement envers des milieux mal informés des possibilités qui leur étaient offertes, à eux aussi.

L'association « Tremplin »

Depuis 2000, l’association Tremplin accompagne des élèves au sein des lycées situés en zones défavorisées, puis tout au long de leurs études supérieures jusqu’au premier emploi.

Des élèves de Tremplin.
Des élèves de Tremplin.

Elle s’appuie surtout sur des élèves des grandes écoles, bénévoles ou stagiaires, et de jeunes actifs qui ont une proximité d’âge avec les lycéens, favorisant le lien et l’identification à des projets d’études supérieures longues.

C’est toujours avec enthousiasme qu’ils donnent des séances scolaires insistant notamment sur les méthodes de travail et les outils qui seront nécessaires en prépa. Proposant des ateliers culturels, Tremplin cherche à stimuler la curiosité et le plaisir des jeunes pour d’autres univers artistiques ou institutionnels.

Si les nouveaux bacheliers peuvent bénéficier de parrainage et de bourses des partenaires de Tremplin, réussir leurs études supérieures leur demande toujours un travail intense.

Et c’est tout naturellement pour certains qu’ils vont vouloir transmettre ce qu’ils ont reçu en devenant à leur tour tuteur à Tremplin.

« Une Grande École, pourquoi pas moi ? » (GEPPM)

Depuis 2006, l’X a rejoint une initiative née à l’ESSEC dont l’objectif est d’expliquer à des jeunes en voie d’orientation que le passage par les grandes écoles est possible, qu’il est porteur de chances de succès et d’emplois bien plus grandes que de nombreuses voies universitaires (voir La Jaune et la Rouge, mars 2015), et que les sacrifices que l’on consent en acceptant le rythme de travail correspondant est loin d’être aussi pénalisant que le racontent bien des médias.

Là encore, il faut repérer, encadrer, aider. Là encore, il faut bénéficier du concours de jeunes élèves de grandes écoles pour cette tâche de coaching. Là encore, il faut parfois aider les jeunes à présenter un dossier de bourse ou apporter un soutien financier.

Là encore, il faut avec honnêteté expliquer la nature du « contrat » et aider les jeunes à respecter l’engagement qu’ils ont pris.

La fondation Georges-Besse

Fondée par un certain nombre d’entreprises autour de François Besse après l’assassinat de Georges Besse (48) en 1986, cette fondation cherche aussi à encourager les vocations d’ingénieur chez les enfants de milieux modestes : Georges Besse était le fils d’un poseur de lignes PTT.

Elle s’efforce d’apporter un soutien de longue durée aux jeunes sélectionnés et compte parmi ses anciens lauréats d’innombrables jeunes « issus de la diversité » qui rencontrent, plus que d’autres, des difficultés matérielles : une sorte d’affirmative action sans dogmatisme chipoteur.

Sélection attentive et appui résolu

Ces trois institutions ne sont pas les seules à cultiver cette approche. On connaît par exemple l’action de l’Institut Villebon-Georges-Charpak (voir p. 32-33).

“ Une volonté d’agir dans le concret ”

Mais ces exemples sont rassemblés ici pour des raisons de similitude dans l’approche : une sélection fondée sur des critères de caractère autant que d’aptitude intellectuelle, sélection particulièrement attentive à des milieux défavorisés ; une organisation adaptée de soutiens sur la longue durée ; une volonté d’agir dans le concret plutôt que d’exposer des a priori ; et un appui résolu apporté par des jeunes des grandes écoles à ces initiatives destinées à leurs futurs cadets.

C’est à bon escient que l’École polytechnique elle-même invite nombre de ses élèves à effectuer leur stage de formation humaine dans des opérations d’encadrement liées à ce type d’initiatives

POUR EN SAVOIR PLUS

Association Tremplin : c/o AX, 5, rue Descartes, 75005 Paris, www.association-tremplin.org

GEPPM : c/o Pôle Diversité Réussite, École polytechnique, Palaiseau. À noter que le programme est en cours de redéfinition sous l’égide élargie de l’Université Paris-Saclay

Fondation Georges-Besse : tour Areva, 1, place Jean-Millier, 92084 Paris La Défense Cedex, www.fondationbesse.com

 

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