Magazine N°686 Juin/Juillet 2013 - Expressions
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Être mère et travailler : c’est tout à fait compatible

À la suite de la publication de l’article « Pourquoi les Européennes ont-elles si peu d’enfants ? » de Catherine Rouvier (La Jaune et la Rouge n° 685), Diane Dessalles-Martin (76) a souhaité nous faire part de sa réaction.

La Jaune et la Rouge anime, soude la communauté polytechnicienne et est le reflet des hommes et des femmes qui la composent.

Les opinions peuvent être diverses. Il me semble important de mettre en regard de l’article de Mme Rouvier l’opinion de femmes polytechniciennes dont le parcours et les valeurs s’inscrivent en faux par rapport aux affirmations développées dans l’article.

L’article, de par son titre, a pour ambition d’expliquer pourquoi les Européennes ont peu d’enfants et, par voie de conséquence, de proposer des pistes pour inverser cette tendance. Constatons que les thèmes évoqués, les arguments avancés n’expliquent en rien le propos initial. Ils ne sont aucunement étayés par des études sociologiques et, pour certains, sont carrément contredits par la réalité de la situation en Europe.

Les femmes ont aujourd’hui en France la possibilité et le droit de choisir la maternité. C’est une liberté fondamentale. Pour celles qui font le choix de la maternité, désirer, attendre, mettre au monde des enfants est une période magique et fait entièrement partie de la vie d’une femme qui veut participer à cette aventure, projet qui se partage à deux au sein du couple, dans un bonheur et une responsabilité entièrement partagés.

Passons rapidement sur le caractère futile des commentaires sur la tenue vestimentaire et le corps féminin qui ne serait pas valorisé lorsqu’il est porteur de promesse : encore heureux que les créateurs de mode ne s’y sont pas trompés et savent proposer des gammes qui mettent en valeur les rondeurs.

Allons au plus sérieux : au « caractère inconciliable du travail féminin et d’une maternité pleinement et durablement assumée ». Vouloir assumer entièrement une vie professionnelle intéressante tout en ayant le souci d’une famille équilibrée, c’est la gageure, le petit exploit quotidien de bon nombre de polytechniciennes, puisqu’il s’agit de notre communauté, mais aussi de nombreuses femmes dans notre pays.

Il est vraiment possible de concilier vie professionnelle et maternité : élever ses enfants, accompagner leur développement, les voir s’épanouir. Il faut le dire. Le pire serait de baisser les bras.

Laisser croire à cette impossibilité, c’est demander aux femmes de faire un choix exclusif entre carrière professionnelle et «carrière» familiale.

Devant ce choix cornélien, les femmes modernes réclamant leur participation à la vie active penchent vers la solution de la « nonmaternité ». Un pays européen comme l’Allemagne, qui valorise à l’extrême la position de la mère au foyer, en fait l’amère expérience. Loin d’améliorer le taux de natalité, cet état d’esprit rend la démographie allemande problématique.

Comme démenti flagrant à l’assertion de Mme Rouvier, je conseille la lecture du livre récent, édité à l’occasion du quarantième anniversaire de l’entrée des femmes à l’X : Femmes de progrès, femmes de Polytechnique.

Y sont décrits une palette de parcours professionnels de polytechniciennes. Elles n’ont renoncé ni à leur féminité, ni à leur maternité. Elles mènent des carrières passionnantes, contribuant au rayonnement de notre École.

Pour que les mères se sentent pleinement accueillies dans la communauté, il faut les aider, les encourager. À ce titre, l’organisation de la société française a porté ses fruits : ne pas culpabiliser les mères qui travaillent, bénéficier d’écoles maternelles de qualité le plus tôt possible, valoriser le métier d’assistante maternelle, proposer des centres aérés en dehors des horaires scolaires.

Il faut être vigilant et attentif à garder ces avantages qui nous distinguent de nombreux autres pays européens.

Doit-on évoquer l’avis de l’auteure de l’article sur la relation amoureuse ? Une « image terrifiante de l’acte amoureux » serait véhiculée par les médias. Parler à nos jeunes, les mettre en confiance, s’assurer qu’ils savent se protéger contre les pièges de la vie, ce n’est pas les terrifier.

Il faut trouver les mots justes, c’est tout.

 

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