5 ans après, la première vague des startups polytechniciennes porte ses fruits

Dossier : Dossier FFEMagazine N°697
Par Nicolas HERNANDEZ (03)

Parlez-nous du marché de la formation en ligne et du positionnement de 360Learning ?

Les plateformes « e-learning » ont 10 à 15 ans d’ancienneté. Il s’agit de logiciels archaïques avec une ergonomie à la fois complexe et peu fonctionnelle. Les setup fees démarrent à 50k euros et… il faut un master spécialisé pour s’en servir ! Ces plateformes sont devenues obsolètes.

Nous sommes dans un monde numérique où le défi de l’entreprise est de digitaliser l’ensemble de ses processus métier, en incluant jusqu’aux partenaires et clients qui forment l’entreprise étendue.

Nous nous sommes différenciés en prenant ce besoin comme point de départ de nos solutions techniques. Par ailleurs, sur le plan des usages, de l’ergonomie, de la simplicité, le « e-learning » tel qu’on l’a connu n’est plus cohérent avec les usages du web. Pour ces raisons, depuis 2012, le marché a été mûr et réceptif à de nouvelles offres.

360Learning propose donc aux entreprises une solution de digitalisation complète. Par exemple pour raccourcir les cycles métier, sensibiliser à la culture digitale, permettre aux différents business de l’entreprise de se parler entre eux…

Nous intervenons principalement auprès des DRH auxquelles le comité exécutif a confié la transformation digitale. Nous comptons parmi nos clients des Grands Comptes, mais aussi des ETI françaises et internationales.

Comment avez-vous réussi à pénétrer ce marché ?

Nous devons notre performance actuelle à une approche marketing innovante. Nos concurrents sont généralement absents du web, leurs vendeurs sont sur les salons et pour vendre, ils mobilisent leur réseau personnel. A 25 ans, nous n’avions pas de réseau, aucune expérience du B2B, et nous n’aimions pas quitter nos ordinateurs !

C’est donc sur le web que nous avons gagné la bataille du marketing, c’était la brèche dans les barrières à l’entrée construites depuis 15 ans par les acteurs traditionnels : webinar, livres blancs, un site web moderne, une solution technique irréprochable, et un accompagnement qualitatif pour l’implémentation…

c’est la recette simple qui nous a permis de nous imposer face aux dinosaures qui étaient en face de nous.

La généralisation de l’e-learning est-elle un atout dans la recherche de la performance et d’efficacité des entreprises ?

Oui. Aujourd’hui les grands cabinets de conseil comme McKinsey et BCG incluent systématiquement la digitalisation dans leurs recommandations. Plus généralement, la digitalisation est sans doute aujourd’hui le premier levier de performance pour l’Entreprise.

Mais le challenge se situe au niveau de la mise en oeuvre dans les usages quotidiens : comment déployer les usages digitaux au niveau des comportements individuels des collaborateurs ? 360Learning apporte une réponse à ce défi : tant sur le plan de l’implémentation opérationnelle que sur le plan méthodologique.

Les méthodes comme les outils du digital se doivent d’être agiles, et nous accompagnons nos clients dans l’exécution de cette transformation.

Les nouveaux outils comme les Moocs sont-ils l’avenir du marché de la formation en ligne ?

Les MOOCs d’entreprise constituent une option crédible quand il faut sensibiliser des populations volumineuses sur les thématiques transverses du numérique. Car ces MOOCs utilisent les formats du web, suscitent de nombreuses interactions entre les collaborateurs et leur gestion est très souple. Ils permettent de reproduire en entreprise l’expérience d’un étudiant sur un campus moderne : exaltante, rapide, mobile.

Les « profils », les forums et les vidéos, c’est un bon début, mais ça ne suffit pas. Il faut créer les bonnes interactions lors de l’apprentissage pour que cela fonctionne. Il faut également équiper et éduquer les directions métier avec des solutions qui leur permettent de partager sur des cycles courts les savoir-faire qu’elles produisent.

Pour casser les silos, mais surtout pour leur permettre de se transformer rapidement quand c’est nécessaire. Idéalement, il faudrait que chaque direction opérationnelle puisse déployer un MOOC en quelques heures pour les collaborateurs de l’entreprise.

EN BREF

Création : 2010. 3 Fondateurs dont 2 polytechniciens, 21 collaborateurs. 20 000 formations par jour.
Plus de 500 clients : Orange, HEC, Crédit Agricole, BNP Paribas, Hermès, Havas, SNCF, Nespresso.

 

Commentaire

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19790092répondre
17 septembre 2014 à 20 h 17 min

Des short MOOCs en réseau, une démarche pédagogique innovante

Bonjour,

l'analyse est pertinente et est résumée de façon frappante dès l'introduction "Les setup fees démarrent à 50k euros et… il faut un master spécialisé pour s’en servir !

Aux set up fees, qui couvrent l'installation et la prise en main de la plateforme par les sachants/enseignants, il conviendra pour établir le budget d'un MOOC d'ajouter la valorisation du temps des sachants/enseignants et des droits d'auteur de tiers.

Les directions métier étant équipées, il faut une démarche pédagogique éprouvée leur permettant de "partager sur des cycles courts les savoir-faire qu’elles produisent".

Parmi ces démarches, une démarche désignée par "short MOOCs en réseau" .

La démarche "short MOOCs en réseau" vient d'être retenue par une association de mise en contact entre grands comptes et PME innovantes lors d'un appel à compétences lancé pour le compte d'un de ses 59 grands comptes membres.

Tru Dô-Khac (79)

Sur Les Echos : "Des short MOOCs en réseau pour la formation professionnelle"

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