Magazine N°677 Septembre 2012 - Le quarantième anniversaire des polytechniciennes
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Métamorphoses et exigences du Grand Uniforme féminin

Une femme se doit de ne pas porter de pantalon lors des cérémonies. Cette coutume a conduit les écoles militaires à faire confectionner une jupe dès l’entrée des femmes dans les rangs des élèves.
En 1972, le nouvel uniforme des polytechniciennes est décliné en version féminine. Le goût français pour le raffinement et l’esprit de la mode conduiront à l’ajout de détails pour créer aujourd’hui un uniforme adapté, de la veste à la lavallière, en passant par les bottes et le chouchou rouge

L’uniforme de 1972 a été sélectionné parmi plusieurs propositions

En 1972, quand les premières jeunes filles entrent à l’École polytechnique, tout est bien prévu pour les recevoir. On leur dessine un Grand Uniforme plus féminin avec une jupe et un tricorne. Compte tenu de l ’ expérience acquise à l’occasion de l’habillement des élèves féminines des promotions 1972 et 1973, quatre notices techniques sont établies en 1974, décrivant les effets entrants dans la compostion du Grand Uniforme de ces élèves : jaquette et jupe, coiffure, pèlerine et chemisier.

REPÈRES
Quelques dates ont marqué la mode du siècle dernier. En 1915, Coco Chanel : la ligne libérée par le jersey. En 1947, Christian Dior : le «Newlook ». En 1967 : Yves Saint-Laurent : le smoking pour femme. En 1972, enfin, École polytechnique : le «GU» au féminin.

Un Grand U avec une jupe

Le tricorne des polytechnicienneL’uniforme a été sélectionné parmi plusieurs propositions : c’est celle de Paul Vauclair, ancien couturier du général de Gaulle, qui a été retenue.

La tunique est légèrement plus courte que celle des garçons. Le col renversé est orné de chaque côté d’un écusson en losange sur lequel est brodée une grenade dorée. Une patte d’épaule en double chaînette en cannetille d’or mat est fixée à un bouton près du col. La tunique croise sur la poitrine, se ferme par six boutons dorés à gauche. Six autres boutons dorés sont en symétrie à droite. Trois boutons sur chaque manche : en tout donc vingt boutons sur la tunique.

La jupe d’origine s’arrête légèrement au-dessus du genou, c’est la longueur à la mode en ce début des années 1970. Plus tard, la jupe sera allongée pour recouvrir le genou, la mode a changé.

Une pionnière
«J’ai été la seule femme admise cette année-là. Imaginez qu’aucun uniforme n’avait été prévu et que c’est moi qui ai décidé en catastrophe comment je devais m’habiller : mélange de tenue d’officier marinier féminin (parce qu’il y avait des uniformes en stock), pas de survêtement pour le sport (j’ai donc pioché chez les hommes), pas de tricorne pour mon (petit) tour de tête (on a calé avec du journal à l’intérieur du gros-grain interne), pas de collants pour commencer, car les textes concernant les femmes dans la marine (c’est-à-dire à l’occasion de guerres passées) prévoyaient des bas en fil gris introuvables en dehors des armoires de grands-mères. J’ai décidé de mettre des galons plus étroits que ceux des hommes car je n’ai pas de très grands bras, et je craignais qu’en avançant dans la carrière cela fasse un peu "placard".»

Anne-Marie Bamas, première femme à avoir accédé
au corps des officiers de la Marine nationale en 1977

Du tricorne au bicorne

Jusqu’en 1996, les jeunes filles portent un tricorne de feutre. Il est entouré d’un galon de laine noire avec une cocarde tricolore en soie maintenue par des fils dorés. Depuis 1996, les jeunes filles de la promotion 1994 ont demandé et obtenu de porter le bicorne, comme les garçons, à la place du tricorne.

L’IK de l’époque en témoigne : « Le fait est, tout simplement, que le bicorne est le principal symbole de l’École (voire l’unique), sa signature pour ainsi dire ; et il nous a semblé naturel que les polytechniciennes, qui sont des élèves comme les autres, le portassent.

Ce changement n’espère pas non plus représenter une amélioration esthétique quelconque, sinon on se serait bien attaqué aux bottes. »

 
 
 
Bicorne de polytechnicienne
 
Finalement les polytechniciennes portent l'épéeL’épée à la traîne
Les premières polytechniciennes n’ont pas d’épée. On leur donne en contrepartie un sac à main noir, qui n’est pourtant pas utilisé lors des défilés. Quelques années plus tard, les polytechniciennes auront une épée et, de ce fait, ceindront le ceinturon porte-épée, identique à celui des garçons.

 

À propos de bottes

En 1972, les jeunes filles portent des escarpins. Le premier défilé, celui du 11 Novembre est particulièrement frisquet. Les jeunes filles demandent à être chaussées plus chaudement.

Des bottes en hiver... et en été

La décision est prise : les jeunes filles auront des bottes en hiver… et en été, pour le défilé du 14 Juillet. Les premières bottes sont moulantes et présentent un talon de quatre centimètres. Quelques années plus tard, on change pour des bottes plus larges. C’était sans compter avec le fourreau de l’épée qui vient frapper la botte à chaque enjambée du pied gauche. Les bottes seraient facilement abîmées. Mais une astuce se transmet de promo en promo : entourer le bas du fourreau avec un morceau de ruban adhésif. Le tour est joué : défilez, jeunesse !

Un chouchou coquet

Les cheveux ne doivent jamais toucher la veste

Le chouchou des polytechniciennesSi, contrairement aux hommes, la coupe courte des cheveux n’est pas une obligation, les femmes doivent néanmoins respecter une règle commune de coiffure, quelle que soit la tenue militaire portée : les cheveux ne devront jamais toucher la veste.

Il est donc de rigueur de réaliser une coiffure suffisamment haute et compacte (queue-de-cheval si cheveux courts, chignon ou assimilé si la longueur le permet), et de nouer le tout avec un élastique neutre. Les chouchous fantaisie ou élastiques fluo sont bannis.

Conduire le quadrille
«Son cœur battait follement à l’idée d’être de nouveau le centre de tous les regards, d’être la femme la plus désirée et, surtout, surtout à l’idée de se remettre à danser. Alors elle se trouva au milieu de la salle de bal. Fendant la foule, Rhett Butler s’avança vers elle.
Elle allait danser. Elle allait conduire le quadrille. Elle gratifia son cavalier d’une profonde révérence et d’un sourire radieux.»

Margaret Mitchell,
Autant en emporte le vent

Le chouchou, du même rouge que le galon double qui orne la tranche de la jupe, apparaît donc pour harmoniser la coiffure des jeunes filles, et ajouter par la même occasion une touche de coquetterie qui fera sourire bon nombre d’élèves lors de la perception de l’uniforme.

Une histoire de danse

L’art chorégraphique est à l’honneur au Bal de l’X. À 19 heures, ouverture par un spectacle du corps de Ballet et des Étoiles de l’Opéra national de Paris. À 22 heures, le fameux Quadrille des Lanciers (32 élèves sélectionnés) marque l’ouverture officielle du Bal, dansé cette fois-ci par un public impatient de découvrir les multiples ambiances musicales et chorégraphiques nichées dans les coins et recoins du Palais Garnier.

La danse du quadrille (Le quadrille des Lanciers)Le Quadrille des Lanciers

Héritier de l'ancienne contredanse française du XVIIIe siècle, le quadrille est une danse de bal et de salon en vogue dès le début du XIXe siècle et jusqu'à la Première Guerre mondiale. Il est formé d’une suite de cinq figures : le pantalon, l'été, la poule, la pastourelle (ou la trénis), la finale (ou la saint-simonienne).
Les musiques initialement composées pour les figures du quadrille ont vite été remplacées par de nouvelles compositions adaptées aux figures préexistantes : parmi les compositeurs les plus notables se distinguent Isaac Strauss (1806- 1888) et Olivier Métra (1830-1889). À partir du Second Empire on vit apparaître de nouveaux quadrilles. Le seul qui s’imposa est le Quadrille des Lanciers, apparu vers 1856 ; il est formé de cinq figures (tiroirs, lignes, saluts, visites, lanciers) et fut dansé régulièrement jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

 

Bal de l'X 2011

La tenue de la danseuse

372 heures pour réaliser 18 robes, avec quelques nuits courtes, voire blanches

Si les cavaliers portent le Grand Uniforme traditionnel, deux gants, deux escarpins et une robe (rouge de préférence) deviennent les atours inséparables de la polytechnicienne pour la soirée du Bal.

Chaque année, une nouvelle robe est choisie pour habiller les seize jeunes filles (et deux remplaçantes) qui auront l’honneur de danser le quadrille.

De grands noms du prêt-à-porter ont ainsi participé à la « collection printemps-été du Bal de l’X », avec pour mot d’ordre : faire beau et pratique. La tenue doit permettre d’exécuter tous les mouvements du quadrille, et notamment d’éviter de faire glisser son cavalier. Chaque robe est donc ajustée en longueur selon les escarpins choisis.

Robe rouge pour le bal de l'X
Robe rouge et longs gants noirs, les atours de la polytechnicienne le soir du Bal de l’X.

Quelques tenues remarquées

Bal 2002 – Vincent Dupontreué reprend un modèle qu’il avait déjà créé et en l’adaptant pour le Bal. Les robes rouges et les galons noirs sur fond rouge font écho au rouge sur noir de l’uniforme des garçons. Le tissu en velours fin est superbe et très agréable à porter pour une danse telle que le quadrille. Toutefois, la coupe très ajustée en fait un « étalon tour de taille » pour les jeunes filles qui l’ont portée.
Bal 2005 – Tara Jarmon choisit une relecture d’une robe de catalogue, retravaillée dans une belle soie sauvage rouge vif. Le modèle simple et classique de la robe bustier à fines bretelles ajustables est orné d’un nœud sur la hanche gauche. Les danseuses bénéficient de la dextérité de Mme Séron, couturière à l’X pour sa dernière année, qui retouche la longueur et fait du sur-mesure pour chacune des dix-huit jeunes filles.
Bal 2010 – Donna Risky conçoit une robe de style Empire à ceinture noire. Robe 100% mousseline et ceinture 100% coton.
Bal 2011 – Aranel choisit des bretelles larges en mousseline rouge. Motifs de dentelle noire sous la poitrine, large ruban rouge passant dans le cœur des fleurs. Voile en mousseline rouge, en portefeuille, ouvert sur le côté.
Bal 2012 – Donna Risky dessine une robe à profond décolleté et fines bretelles, 50 % soie et 50% polyester.

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© Photos, DR, Collections École polytechnique.

 

Commentaires

Respectons un peu nos jeunes femmes polytechniciennes !...
Comment faire évoluer cet ensemble aussi disgracieux que ridicule ?
Pourquoi imposer une jupe si elle doit être importable ?
Et des bottes aussi lourdes associées ?
Ne pourrait-on pas rapidement solliciter l'avis des élèves, premières concernées, et modifier avant la prochaine promotion ce qui apporte honte et inconfort au lieu de la fierté appelée et légitime ?
Ce GU féminin ne risque pas de faire naître les vocations...

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