Magazine N°630 Décembre 2007 - Expressions
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Les ingénieurs polytechniciens sont parmi les plus satisfaits

La dix-huitième enquête socioéconomique du Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France (CNISF) dresse un tableau de la situation des ingénieurs français au 31 décembre 2006. Exerçant de plus hautes responsabilités que la moyenne, mieux rémunérés dans l'ensemble, les ingénieurs polytechniciens comptent également parmi les plus satisfaits de leur sort.

REPÈRES
L’enquête socioéconomique conduite par le CNISF auprès des ingénieurs diplômés dans les écoles françaises a été recueillie au mois de mars 2007 et porte sur leur situation au 31 décembre 2006. Plus de 40 000 ingénieurs dont 1 250 X ont répondu au questionnaire, proposé exclusivement sur Internet, sur un total estimé à 640 000 ingénieurs de moins de 65 ans, dont environ 14 500 polytechniciens. Il ne s’agit donc pas d’un sondage au sens scientifique du terme, mais la taille de l’échantillon assure une bonne représentativité.

La formation des ingénieurs dans les écoles habilitées par la Commission des titres d'ingénieur dure en moyenne cinq ans après le bac. Les polytechniciens, dans leur grande majorité, sont issus des classes préparatoires, alors que près de la moitié des ingénieurs en général sont passés, soit par des classes de préparation intégrées, soit par des études universitaires.

L'acquisition d'un ou plusieurs diplômes complémentaires est beaucoup plus répandue chez les X. Par exemple, 12 % contre 8 % en moyenne ont acquis un second diplôme à l'étranger, ou encore 16 % contre 13 % en moyenne possèdent un diplôme de gestion.

Deux X sur trois en région parisienne

L'industrie, dont on sait que le poids n'est plus aujourd'hui que de l'ordre du quart de l'activité des entreprises, emploie la moitié des ingénieurs français et environ 40 % des polytechniciens. Ceux-ci sont déjà beaucoup plus engagés dans le secteur en pointe des services et du tertiaire.

Au niveau des responsabilités, près de 21 % des polytechniciens en activité exercent des fonctions de direction générale, trois fois plus que la moyenne des ingénieurs.

Corollaire du secteur d'activité et du niveau de responsabilité, pratiquement deux polytechniciens sur trois travaillent en région parisienne. Le pourcentage d'ingénieurs travaillant à l'étranger, de l'ordre de 13 %, est à peu près le même quelles que soient les écoles. Le fait d'avoir travaillé à l'étranger, ne serait-ce qu'un an ou deux, est massivement perçu comme bénéfique pour la carrière.

Des salaires plus élevés que la moyenne

Le salaire médian des ingénieurs français se situait à environ 52 000 euros (brut annuel sur l'année 2006).
Le salaire médian des polytechniciens était de 96 000 euros, soit près du double. Médian signifie que la moitié gagnait moins et la moitié gagnait plus, critère plus significatif que le salaire moyen (faussé par l'existence de très hauts salaires).

À noter que 10 % des ingénieurs gagnaient plus de 100 000 euros et 10 % des polytechniciens, plus de 220 000 euros.

Ces salaires médians varient considérablement en fonction de la responsabilité exercée. Ils atteignent 155 000 euros pour les polytechniciens exerçant des fonctions de direction générale.

Un tiers des ingénieurs âgés de 30 à 40 ans perçoit une partie de son salaire sous forme variable, la part variable représentant en moyenne moins de 20 % du salaire. Deux tiers des polytechniciens sont concernés par la rémunération variable, la part variable atteignant en moyenne près de 25 %.

À âge égal, les hommes sont systématiquement mieux rémunérés que les femmes (écart de 3 % à 19 % suivant l'âge), ce qui ne semble pas vrai pour les polytechniciens, sur un échantillon réduit, il est vrai. La polytechnicienne de 45 ans serait même mieux traitée que son collègue masculin.

Satisfaction générale, mais trop de « stress »

Le salaire médian s’élève à 52 000 euros pour les ingénieurs français et à 96 000 euros pour les polytechniciens Il varie considérablement en fonction de la responsabilité exercée

Interrogés sur leurs motifs de satisfaction, les ingénieurs français, quelle que soit leur origine, s'accordent pour être satisfaits de l'intérêt de leur travail à plus de 90 % et personnellement épanouis pour les deux tiers. Un peu plus de la moitié seulement est satisfaite par son salaire. La moitié également affirme être sûre de son emploi.

C'est au chapitre des insatisfactions qu'apparaissent de plus sensibles différences. Un tiers des polytechniciens souffre d'un excès de stress ou d'une charge de travail trop importante. Cette proportion atteint 45 % chez les ingénieurs en général.

Engagez-vous, rengagez-vous
Bravo aux 1 250 polytechniciens qui ont répondu à l’enquête. Ce nombre reste toutefois un peu faible pour certaines analyses statistiques qui seraient d’un grand intérêt. Merci d’apporter votre contribution à la prochaine enquête.

Commentaires

Bonjour ,
Je trouve que cette étude révèle que finalement l'élite scientifique française est mal payée .
Ces salaires sont largement accessibles pourvu que l'on s'en donne la peine (en tant qu'ingénieur) .
il suffit de compléter son cursus par un diplôme de gestion ou finance et avoir de la personnalité .
Je pense que les HEC et autres écoles de commerce gagnent mieux leur vie .

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