Magazine N°712 Février 2016 - Polytechniciennes
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Alice CARPENTIER

Pôle « Diversité et Réussite », École polytechnique

Articles du Dossier

Par Sylvie BONNET
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Par Aline AUBERTIN
Par Sylvie BONNET
Par Alice CARPENTIER
Par sept polytechniciennes de la promotion 2011.
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Le projet X-ENS au féminin, aller à la rencontre des filles en prépa

En 2015, l’École polytechnique et l’École normale supérieure- Paris (ENS Ulm) se sont associées pour lancer un projet commun : « X-ENS au féminin ». Ce projet s’adresse spécifiquement aux jeunes filles en classes préparatoires scientifiques.

polytechnicien discute avec des jeunes filles en classes préparatoires
Des élèves ambassadeurs (à droite, un X) échangent avec des jeunes filles
en classes préparatoires et au lycée. © ÉCOLE POLYTECHNIQUE - JÉRÉMY BARANDE
 

En 2014, seulement 10 % de filles intégraient l’ENS Ulm en cursus scientifique et 16 % l’X. De plus, 29 % des jeunes filles inscrites au concours X-ENS en 2014 ne s’y sont pas présentées.

Des études ont mis en évidence de nombreuses causes pour expliquer ces phénomènes : le caractère militaire de l’École polytechnique, le côté purement « recherche » de l’ENS (trop spécialisée) ; l’autocensure liée au manque de confiance en soi des jeunes filles ; la « fidélité au milieu social » et la date très avancée du concours X-ENS (premier concours dans le calendrier).

À court terme, l’idée est d’accroître le nombre de jeunes filles s’inscrivant au concours commun X-ENS et celles le passant réellement afin d’augmenter, à moyen terme, le nombre de jeunes filles intégrant les deux écoles.

REPÈRES

L’École polytechnique s’engage, via son pôle « Diversité et Réussite », à promouvoir les carrières scientifiques auprès des jeunes filles. Chaque année, en lien avec l’association des élèves polytechniciennes « X au féminin », des actions sont mises en place en direction des lycéennes et des jeunes filles en classes préparatoires scientifiques : rencontres dans les lycées, tables rondes métiers, visites de l’X et tutorat.
L’École polytechnique participera également à la semaine de l’égalité femmes-hommes qui se déroulera du 7 au 11 mars dans l’ensemble des établissements de l’Université Paris- Saclay. L’objectif de ces actions ciblées est de sensibiliser plus d’un millier de jeunes filles par an.

Des experts et un discours

Pour faire aboutir ce projet, l’École polytechnique et l’ENS ont pu compter sur l’expérience et le soutien de différentes associations et entreprises agissant depuis longtemps déjà sur cette thématique ou connaissant bien le système des CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles).

“ Augmenter, à moyen terme, le nombre de jeunes filles intégrant les deux écoles ”

Ce sont les experts du projet : la Fondation L’Oréal et la Fondation de l’École polytechnique, les associations Femmes & Sciences et Femmes et Mathématiques, l’UPS (Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques), le Conseil général de l’Essonne et le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Ces experts ont eu comme première mission de mettre en place un discours pour guider les élèves polytechniciens ou normaliens pendant les forums et différentes interventions.

Des X et des normaliens en ambassade

DEUX GROUPES DE JEUNES FILLES

Les experts ont pu identifier deux grands groupes de jeunes filles cibles : les « initiées », dont les parents, frères ou sœurs font ou ont fait une grande école, et les « précurseuses », dont la famille n’est pas familière du monde de l’enseignement supérieur.
Ces deux types de publics doivent en effet faire face à un certain nombre de facteurs comme la mobilisation ou, au contraire, la dissuasion involontaire des parents, de la famille, de leur entourage et de leurs professeurs.

Grâce au travail avec le groupe d’experts, l’X et l’ENS ont rédigé conjointement une plaquette pour outiller les ambassadeurs et ambassadrices (élèves polytechniciens et normaliens volontaires) qui ont pour mission d’aller à la rencontre des jeunes filles de classes préparatoires lors des forums organisés dans les établissements.

Par cette action, une centaine de CPGE seront touchées en 2016, en Île-de-France et sur l’ensemble du territoire national.

Parler pour convaincre

La plaquette « X-ENS au féminin » reprend un ensemble de questions concrètes que peuvent se poser les jeunes filles en classes préparatoires et donne aux ambassadrices et ambassadeurs des éléments de réponses afin d’adapter efficacement leur discours.

“ Ne pas sous-estimer la difficulté du concours mais recentrer le discours sur sa préparation ”

Elle aborde également la posture que doivent adopter les élèves ambassadeurs quand ils échangent avec des jeunes filles en classes préparatoires. Ils et elles doivent par exemple les questionner sur leur envie d’orientation, leur parcours scolaire, leur environnement familial.

Les réponses reçues leur permettent d’adapter leur discours et de convaincre efficacement leurs interlocutrices de tenter le concours d’entrée à l’École polytechnique et à l’ENS. Concernant la posture, l’important sera de ne jamais sous-estimer la difficulté du concours ressentie légitiment par leurs interlocutrices mais de recentrer le discours sur comment se préparer sereinement et efficacement à celui-ci.

Grandes ambitions

POUR EN SAVOIR PLUS

École polytechnique :
Alice Carpentier,
alice.carpentier [at]polytechnique.edu
Tél. 01 69 33 38 99.
École normale supérieure Paris :
Olivier Abillon,
pesu [at] ens.fr
Tél. 01 44 32 28 85.

La campagne nationale « X-ENS au féminin » est la première phase d’un projet plus ambitieux. Une seconde phase du projet, dite de recherche, s’intéressera aux facteurs explicatifs du faible nombre de jeunes filles dans certaines classes préparatoires scientifiques : comment expliquer qu’elles soient relativement moins présentes en CPGE alors même qu’elles sont aussi nombreuses que leurs homologues masculins en terminale scientifique ?

Pourquoi sont-elles moins présentes en classes préparatoires étoilées ?

Ce travail de recherche nécessite la mise en place de partenariats efficaces en termes de financement et d’expertise dans les domaines des sciences de l’éducation, de la sociologie et des sciences cognitives.

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