Magazine N°710 Décembre 2015 - Expressions
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Michel ROSTAGNAT (75)

Articles du Dossier

Par Hermine DURAND
Par Marcel FILOCHE (82)
Par Michel LE VAN QUYEN
Par Louis BROUSSE (53)
Par Michel ROSTAGNAT (75)
Par Emmanuel BEAUREPAIRE
et Francis BERNARDEAU (85)

Dans les coulisses du Magnan des 150 ans

 
Organiser le Magnan des 150 ans de l’AX, c’était un défi impressionnant : accueillir sur le Plâtal, pour une journée de fête, un millier d’anciens de tous âges et de toutes promos, avec leurs familles. Défi relevé par une équipe ultra-motivée.

Les autorités du Magnan, édition 2015, à l'Ecole polytechnique
Les autorités au Magnan. De gauche à droite, Serge Caillet (75), le lieutenant Jean-Philippe Guillet, responsable du détachement de la Garde républicaine, Yves Demay, Bruno Angles (84).

 

Quelques transfuges notoires de l’édition 2014 ont heureusement rempilé pour mettre le pied à l’étrier à la classe en 5.

La nouvelle équipe a vite appris à se connaître, au rythme de deux réunions par mois. D’emblée, Yves Demay, directeur général de l’École, nous a mis à l’aise : pas question d’organiser la journée au printemps, l’agenda festif était trop chargé ; on la fixerait au 10 octobre, jour où l’École ouvrirait ses labos pour la Fête de la science. L’équipe s’est vite constituée, jusqu’au bout appliquée et soudée comme un pack néo-zélandais.

“ À la croisée des générations, des nations et des passions ”

Au début, on aura déballé nos rêves les plus fous : des montgolfières, un grand spectacle au Bôbar, un tournoi de poker, des tentes sur la pelouse devant le magnan comme au Bicentenaire de 1994 (6 000 convives, record à battre).

Cet exercice de défoulement collectif a en fait très vite débouché sur un programme de rêve : Garde républicaine, jeux de société familiaux, concours d’éloquence en anglais (le fameux debating), amphi des présidents de l’École et de l’AX, concerts de jazz de nos vénérables Dixieland Seniors ainsi que de piano d’un camarade virtuose, Jonathan Gilad (2001).

Le rendez-vous des amis

Pour l’AX, le Magnan était l’un des trois temps forts de son année jubilaire. Assez naturellement, nous est apparue sa singularité : le Bal de l’X, le 29 mai au château de Versailles, ce serait les paillettes, le luxe, la gloire ; le colloque du 10 décembre sur l’ingénieur, le forum, l’académie, les sciences ; eh bien nous, nous serions le rendez-vous des amis, la réunion de famille, le bon air de la patrie.

« Pour la patrie, les sciences et la gloire » : l’AX tenait ainsi sa trilogie.

Le choix n’était certes pas anodin. Car qui dit ambiance familiale dit animations, donc dépenses, pour un budget serré. On s’entendit d’emblée sur un prix d’entrée de 35 €, réduit à 15 € pour les jeunes et les élèves. Et nous voilà déposés au bord de la route des sponsors, perspective éprouvante.

Des mécènes internationaux

L'amphi des présidents au magnan 2015 de l'Ecole polytechnique
L’amphi des présidents.

Là encore, la fortune nous aura souri. Guère du côté de nos compatriotes, où les mécènes ont, comme on dit à Lyon, « mal à la main qui donne » ; mieux en revanche du côté des entreprises étrangères. Notre filière chinoise nous a valu un beau sponsoring de Huawei France, qui sera venu fort justement se présenter aux auditeurs du concert de Jonathan Gilad dont elle était le grand sponsor.

Puis on s’est attaqué au ciselage de slogans. Et de nos discussions folles sont sortis les plus beaux : « Le rassemblement des X de 18 à 118 ans », puis finalement « À la croisée des générations, des nations et des passions ».

En peu de mots, le décor était campé. Ce Magnan serait placé sous le signe de la rencontre et de la confrontation amicale.

Une course de fond

Nous en étions là au début du printemps. La course de fond était commencée, mais la banderole de l’arrivée encore loin. On en profita pour régler quelques détails institutionnels – les institutions ont, au fond, une lourdeur rassurante dans un univers instable – en actant dans de nouveaux statuts la tutelle de l’AX sur notre association dont la direction était par construction appelée à tourner tous les ans.

Mais il y avait plus angoissant : les camarades répondraient-ils à l’appel ? Allait-on se donner tant de mal pour ne voir, le jour J, qu’un filet ténu de visiteurs égarés ? Force est de constater que, au début de l’été, le compteur restait bloqué à 250 inscrits.

Dans l’équipe, les optimistes jouaient les locomotives : « Les gens s’inscriront dans les quinze derniers jours. Pour le sport, on organise un match de gala entre les élèves et les vieux, le reste suivra. » Confession à demi rassurante.

Les optimistes avaient raison

Les optimistes avaient raison : les choses se sont passées exactement comme ils l’avaient prévu. Seule ombre au tableau : au lieu des 1 000 visiteurs escomptés, on n’en aura reçu que 700. Il faut cependant y ajouter les 170 parrains et filleuls qui auront bel et bien été des nôtres, et bien sûr la foule des curieux venus découvrir cette école mythique en ce jour de Fête de la science.

Heureusement, Monsieur le Magnan, rompu à cet exercice, sut entendre nos ultimes réclamations pour un ajustement du nombre de convives et une fourniture de vins importés.

Tout marche

À J – 2, le chef de l’équipe, qui fait plutôt partie des pessimistes, se rend à l’X pour une reconnaissance des lieux. Il y est reçu à bras ouverts. Les portes s’ouvrent les unes après les autres, les affiches disparaissent pour aller se coller aux endroits stratégiques, les personnels civils et militaires prennent rang, les tables et panneaux des stands s’installent, le piano est annoncé : tout marche.

“ Les acteurs du drame poussent dans le Grand Hall comme champignons après la pluie ”

Le jour J, dès potron-minet, les deux 75 de la bande débarquent à 7 h 50 sur le tarmac de l’École, dans la brume matinale du lac bicornu. Juste avant la Garde républicaine.

On commence à s’agiter fébrilement : y a-t-il une petite salle où les femmes gendarmes pourront s’habiller discrètement ? Où mettre les stands pour qu’ils soient visibles et attirent le chaland ? Les affiches sont-elles bien placées, sur le parcours des élèves (le trésor de la communauté polytechnicienne) et, pour celles du concert, sur le parcours des visiteurs ?

Les jazzmen ne doivent-ils pas être placés à côté du canon, sous la peinture d’Olivier Debré ? Les acteurs du drame, colonels, membres des binets, agents techniques, poussent dans le Grand Hall comme des champignons après la pluie d’automne.

Et voilà les visiteurs. Comme toujours, les grands anciens sont les plus fidèles. L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt : selon cet adage, il est ouvert à nos anciens. Puis viennent les plus jeunes, beaucoup de familles, des couples dont un membre est fier de présenter sa vieille École à sa moitié.

Comme dans un rêve

L’ÉQUIPE 2015

Michel Rostagnat (75), président
Laurent Daniel (96), secrétaire
Serge Delwasse (86), trésorier, organisation des rencontres sportives
Serge Caillet (75), secrétaire adjoint, relations avec l’École
Hervé Kabla (84), webmaster
Juliette Alain (2013), membre de la “Lucky Lukès”, déléguée aux relations extérieures
Philippe Castellani (76)
Nicolas Duvinage (95)
Ban Zheng (2005), relation avec les élèves et les jeunes anciens
Bruno Van Parys (71), délégué général de l’AX

La suite de la journée se déroule pour les organisateurs comme dans un rêve. Plus le temps de se poser de questions. La sublime journée d’automne apprêtée par les dieux du Magnan lui vaut un succès mérité. Même les conclaves de l’après-midi, en amphis Arago et Poincaré, connaissent un franc succès.

On a des moments bluffants, comme cet extraordinaire debating qui prouve par a + b que, dans l’art de la rhétorique, les X peuvent en remontrer aux commerçants les plus madrés. Quelques déceptions évidemment, notamment du côté des animateurs sportifs bénévoles qui n’ont pas trouvé leur public. Mais, dans l’ensemble, c’est une belle journée.

Le Magnan 2015 s’achève sur une note d’optimisme, avec des comptes dans le vert et du bleu dans les yeux. Ses artisans s’apprêtent à passer le flambeau à la génération 2016.

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