Magazine N°729 Novembre 2017 - Trajectoires
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Célia de LAVERGNE (99)

Articles du Dossier

Par Célia de LAVERGNE (99)
Par Florent LONGA (08)
Par Pierre LASZLO

Célia de LAVERGNE (99) : faire de la politique “ autrement ”

Après l’École nationale des ponts et chaussées, Célia de Lavergne se spécialise dans les questions d’urbanisme et d’aménagement du territoire. Elle travaille ainsi auprès d’entreprises ou de collectivités territoriales, notamment comme conseillère auprès de Jean-Louis Missika, adjoint chargé de l’urbanisme à la mairie de Paris sur les questions de ville intelligente et de climat. En 2017, elle est élue députée de « La République en marche ! » dans la 3e circonscription de la Drôme, où elle succède à Hervé Mariton (77). Itinéraire d’une « nouvelle » politique.

Célia de Lavergne nous reçoit dans son pied-à-terre exigu de l’Assemblée nationale, au 101, rue de l’Université : " Mon engagement récent en politique est l’aboutissement d’une curiosité insatiable, naturelle et cultivée à l’X, puis pendant mon parcours professionnel d’aller, toujours plus loin, vers de nouveaux sujets ".

Célia de Lavergne, polytechnicienne et députée
Mon passage au cabinet de Jean-Louis Missika, adjoint de la maire de Paris, personnalité d’ouverture non encartée politiquement, m’a donné l’envie de pratiquer la politique “ autrement ”.

J&R : En effet, c’est un engagement un peu impromptu, que rien ne laissait présager dans votre parcours ?

En vérité, il y a eu quand même quelques prémices. Ainsi, la diversité de mon parcours, avec des responsabilités successives dans le domaine associatif, en entreprise, ou comme conseillère technique au cabinet d’un élu, m’a donné envie de m’engager en faveur de l’intérêt général.

Et la fibre sensible pour la politique que j’avais bel et bien en moi depuis toujours s’est brusquement révélée au travers de mon passage au cabinet de Jean-Louis Missika, adjoint de la maire de Paris, personnalité d’ouverture non encartée politiquement, auprès de qui j’ai découvert l’envie de pratiquer la politique « autrement » et qui m’a transmis une vision de la politique transpartisane au profit de décisions engagées, visionnaires et ambitieuses.

Et, bien sûr, il y a eu pour finir cette extraordinaire opportunité ouverte par la démarche inédite d’« En marche » de permettre à des membres de la « société civile » de s’engager pour la transformation du pays.

En fait, je n’ai pas réagi tout de suite. C’est quand j’ai vu que, le premier appel n’ayant amené que 15 % seulement de candidats femmes, le mouvement relançait un deuxième appel plus spécifiquement adressé aux femmes, que je me suis décidée. Ça a été le déclic !

Ensuite tout s’est très vite enchaîné. Nous sommes à un tournant pour notre pays : il y a un vrai besoin d’un leadership politique attentif à de nouvelles dimensions, comme la transformation numérique, l’écologie ou la construction d’une Europe plus ambitieuse, en rupture avec les anciennes conceptions de notre monde, que j’ai pleinement retrouvé dans le projet du Président.

J&R : Pourquoi la Drôme ?

Ça va paraître un peu incroyable, mais c’est vraiment un coup de foudre pour cette région, durant notre lune de miel passée avec mon mari sur les chemins de la Drôme il y a quelques années.

Et après avoir eu une activité « territoriale » à Paris, j’ai eu envie de m’investir dans un territoire différent, cette fois très rural, où nous nous sommes installés avec mon mari et mes enfants par conviction et choix de vie. La circonscription sur laquelle je suis élue est passionnante.

Le territoire est vaste et très divers : on y trouve un éventail d’activités très étendu, qui va du monde agricole aux zones montagnardes, en passant par les problématiques liées au nucléaire avec Tricastin !

J&R : Vous êtes un X en politique, ce qui n’est pas fréquent, une femme X en politique ce qui est encore plus rare, et en plus vous succédez dans votre circonscription à un autre X (Hervé Mariton, de la 77), ce qui est – pour le coup – absolument exceptionnel. C’était un plan prémédité ?

Absolument pas ! C’est le hasard le plus complet qui m’a fait succéder à un camarade, dont je n’étais nullement la dauphine, et dont je ne partage d’ailleurs pas les options politiques, en particulier sur les questions sociétales.

J&R : Vous n’êtes pas une élue « à l’ancienne », habituée des marchés et rompue aux comices agricoles. Cependant, il vous faut bien maintenant vous enraciner dans ce territoire.
Comment vous y prenez-vous ?

Oui, c’est le revers d’être une personne nouvelle en politique. Il faut se faire connaître. Je suis issue de la partie nord de ma circonscription, qui est l’une des plus étendues, des plus diverses et en même temps des plus complètes de France : 241 communes à connaître, trois heures de voiture pour la traverser !

Célia de Lavergne sur le terrain
Célia de Lavergne rencontre aussi bien les acteurs institutionnels que la population.

J’ai parcouru des milliers de kilomètres pendant la campagne. Maintenant, je rencontre aussi bien les acteurs institutionnels (j’ai entrepris notamment de rencontrer tous les maires et les élus d’ici Noël) que la population au travers de rencontres sur les marchés, d’organisation de cafés citoyens, de réunions publiques et de rendez-vous à ma permanence, pour prendre contact avec ce territoire et ses habitants dans toute sa diversité.

J&R : Quels sont vos projets comme députée ?

J’ai la chance d’avoir été désignée coordinatrice des États généraux de l’alimentation, ce qui cadre bien avec le caractère très rural de ma circonscription. Je m’investis aussi dans le domaine de l’énergie, puisque j’ai été nommée rapporteure pour avis de la loi Hulot.

Et, bien sûr, je reste très attachée à la dimension scientifique et technique, en participant aux audits de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), dont Cédric Villani vient de prendre la présidence.

Je suis enthousiaste à l’idée de travailler avec lui sur des sujets qui seront déterminants pour notre société, comme l’arrivée des véhicules autonomes, la transformation que l’impression 3D va induire dans le monde de l’entreprise, ou l’avènement de l’intelligence artificielle.

J&R : Avec le recul, quel est l’apport de votre formation à l’École dans votre parcours ?

La force de l’École réside dans son excellence scientifique, et sa capacité à faire émerger des profils extraordinairement variés, qui vont investir tous les secteurs de la société.

Tout cela se retrouve dans l’envie, qui ne m’a jamais quittée, de m’intéresser à plein de sujets différents.

Commentaires

Il y a si peu de polytechniciennes élues députées qu'il aurait été peut-être courtois de citer celle qui a été honorablement battue, NKM...

Oui Jean, NKM a aussi été députée, mais le sujet c'est aussi faire de la politique autrement...

Humble pour soi même et ambitieux pour les projets que l'on porte!

Amitiés

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